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Hockey sur glaceFaut-il supprimer la LNB?

Supprimer la LNB au profit d'une «Super 1ère ligue» composée de 20 ou 24 clubs répartis dans deux groupes: voici la proposition du dirigeant de Swiss Ice Hockey Jean-Marie Viaccoz.

par
Frédéric Lovis
Jean-Marie Viaccoz reste prudent sur la manière dont son projet va être accueilli par les clubs de LNB.

Jean-Marie Viaccoz reste prudent sur la manière dont son projet va être accueilli par les clubs de LNB.

Isabelle Favre

Jean-Marie Viaccoz est bien décidé à présenter à la Ligue nationale, d'ici à fin septembre, sa proposition choc: supprimer à plus ou moins court terme la LNB afin de repenser de fond en comble les deuxième et troisième échelons du hockey sur glace helvétique.

Son idée? Créer une «Super 1re ligue». Elle regrouperait les clubs de LNB et les organisations de 3e division capables de professionnaliser leurs structures. Elle serait scindée en deux groupes (Est et Ouest) de 10 ou 12 équipes – «Tout cela reste bien sûr à affiner et à mûrir», dit le Valaisan – tout en conservant la structure de base (trois groupes composés de moins d'équipes) de l'actuelle 1re ligue.

Coup de pied dans la fourmilière

«Cette idée vient d'en bas. Il n'est nullement question de forcer la main aux clubs de Ligue nationale qui auront toujours le dernier mot», souligne Jean-Marie Viaccoz, vice-président du conseil d'administration de Swiss Ice Hockey et responsable du sport espoir et amateur.

Le dirigeant affiche d'emblée une prudence de bon aloi quand un sujet aussi sensible est abordé. Puis il argumente. «Vu la manière dont la LNB se porte et eu égard aux signaux un brin alarmistes en provenance de certaines équipes évoluant dans cette catégorie de jeu, je me voyais mal rester les bras croisés et ne rien entreprendre, dit Jean-Marie Viaccoz. Le moment me semble venu de mettre un bon coup de pied dans la fourmilière, histoire de nous asseoir autour d'une table pour imaginer un futur différent.»

Le moment est effectivement opportun. Il survient après la mise en faillite du HC Bâle, entérinée le 23 juin. Une mesure radicale qui avait surpris tout le monde dans le milieu de la rondelle helvétique. Elle n'est bien sûr pas sans rappeler les destins identiques qui avaient également frappé Sierre, Neuchâtel Young Sprinters, Forward Morges et Coire.

Le nouveau coup de tonnerre en provenance des bords du Rhin met surtout en lumière les difficultés croissantes rencontrées par les organisations de la «petite ligue» à survivre. Le mot n'est pas trop fort pour nombre d'entre elles dans ce qui est devenu une sorte de «no man's land» entre la LNA et ses 10 millions de budget au minimum par saison pour être à la hauteur et la 1re ligue, où des budgets inférieurs au demi-million suffisent pour exister.

«Ce qui m'inquiète le plus dans la situation actuelle, et je peux vous certifier que je ne suis pas le seul dans ce cas, c'est que la LNB ne joue plus son rôle de ligue formatrice, martèle le Valaisan. On se retrouve chaque année avec des dizaines de jeunes sortant des juniors élites qui ne trouvent pas de places dans des équipes de deuxième division ou qui sont trop bons pour évoluer en 1re ligue. Quand un sport n'est plus capable d'offrir de bonnes perspectives aux jeunes qu'il forme, il convient de tirer la sonnette d'alarme et de trouver des solutions pour y remédier. Sinon, la jeunesse lui tourne le dos.»

Le rapport de Veysonnaz

La proposition choc de Jean-Marie Viaccoz ne tombe pas du ciel. Dans son rapport de la saison 2013-14 présenté le 20 juin à Veysonnaz, le dirigeant de Swiss Ice Hockey mettait déjà le doigt exactement là où ça fait mal. «Actuellement, la LNA n'est pas satisfaite du rôle effectué par la LNB, écrivait-il. En effet, trop de joueurs élites A et B ne trouvent pas de places dans des clubs de LNB. Cette dernière est actuellement plus une Ligue formée de joueurs en phase descendante de leur carrière que l'inverse.»

Le Valaisan y soulignait aussi la présence de deux types d'équipes en 1re ligue, «à savoir celles qui souhaitent moins de matches ou un match en week-end et celles qui souhaitent poursuivre leurs rôles de formation, c'est-à-dire avoisiner les 45 matches par saison.»

Ce constat invite naturellement Jean-Marie Viaccoz à penser qu'un rapprochement des dernières nommées avec la LNB ferait sens.

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