Actualisé 30.10.2020 à 18:35

CoronavirusFaut-il arrêter les championnats? Le débat de la rédaction

Les annulations des matches dans l’élite suisse du football et du hockey sur glace s’accumulent, alors que le calendrier se réduit comme peau de chagrin.

von
Cyrill Pasche
Robin Carrel

Non: «La situation est déjà bien assez triste comme ça»


Ce week-end de sport est un cas d’école assez incroyable. Les annulations s’enchaînent et beaucoup de matches sont en rouge au Teletext, ce qui est rarement bon signe. En Super League, il ne reste que Saint-Gall - Bâle à jouer sur les cinq matches précédemment au programme, mais 40 heures et sans doute autant de tests PCR à redouter d’ici-là.

En National League, on devrait avoir droit à Zurich – Davos, ce vendredi et peut-être à Berne – Fribourg samedi. Pour dimanche, rien n’est moins sûr. Mais c’est ce que veut l’époque et on va devoir s’y habituer tant qu’un vaccin ne sera pas trouvé ou tant que les terrasses de bistrots ne seront pas retrouvées, on l’espère vers la fin du mois d’avril prochain. Je n’en démords pas pour autant: il ne faut pas tirer le rideau. Promis, ce n’est pas un avis égoïste justifié parce que suivre des matches est mon gagne-pain et que, quand même, la vie est vachement triste sans sport.

Déjà, ce n’est pas parce que l’élite et les amateurs sont à l’arrêt, qu’il ne se passe plus rien. Des parties de Challenge et de Swiss League sont encore au programme et ça ne fait pas de mal de voir ce qu’il se passe à l’étage inférieur de temps en temps. Lausanne est l’exemple type de ce problème: quand le LHC et le LS étaient «en bas», ça m’intéressait. C’est toutefois avec plaisir que je regarderai Un Chaux-de-Fonds - Zoug Academy ou, mieux encore, un Thoune - Aarau de derrière les fagots.

Il y a aussi un argument que je trouve presque sanitaire pour continuer de jouer. Si si, vous verrez, ça tient presque debout! Quoi de mieux pour garder des gens à leur domicile et leur imposer un semi-confinement qui ne dit pas son nom qu’en les scotchant devant la télévision? Un match anglais le lundi, un de hockey le mardi, de la Champions League là au milieu, de l’Europe League le jeudi et un match de Ligue 1 le vendredi et on est déjà au week-end, pour pouvoir se gaver de Super League et de National League.

Et s’il y a trop d’équipes en quarantaine, me direz-vous? Eh bien on bouscule les calendriers, on fait chauffer les ordinateurs des Ligues respectives et on oppose des formations en santé et on rattrapera les autres ensuite. Franchement, vu tout le monde chope ce truc, il y aura bientôt une immunité collective dans certains vestiaires qui nous permettra d’aller au bout de cette saison de cauchemar bis. Simple comme aller chercher des fraises en forêt avec Sacha Weibel!

Reste à espérer que la Confédération mettra elle aussi la main à la poche, qu’elle comprendra que le sport est devenu un «business» comme un autre en Suisse, même si pas mal de gens prennent ça pour un gros mot. Il ne faut surtout pas s’habituer à jouer dans des stades et patinoires vides, ou des arènes privées d’ultras et des places debout. C’est juste un (très long) moment à passer et le passer sans le sport serait encore plus triste.

Oui: «Appuyons immédiatement sur pause»

Annulations de rencontres de championnat, équipes en quarantaine, calendrier sans cesse chamboulé et boiteux, matches désormais à huis clos. Appuyons immédiatement sur le bouton «pause» puisque ce championnat, après un départ réussi avec du public et un indiscutable vent d’optimisme, est tout simplement devenu ingérable au fil des semaines et ne fait plus aucun sens sous sa forme actuelle.

Le problème est que les clubs ne parviennent pas vraiment à se mettre d’accord: certains veulent continuer, d’autres veulent arrêter. Entre-deux, la Ligue ne veut fâcher personne. Chacun prêche pour sa paroisse, rien de bien nouveau dans le petit monde du hockey suisse. Au final, on ne fait que repousser l’échéance: «on joue jusqu’au 2 novembre puis on avisera» suivi une semaine plus tard de: «finalement on joue jusqu’au 1er décembre puis on avisera».

Non. Le moment est venu de prendre une véritable décision, et d’interrompre la saison. Repartons de plus belle en janvier 2021, soit dans deux mois, avec du public si la situation s’améliore d’ici là. Le passage à la nouvelle année ne garantira certes pas des jours meilleurs, ou mieux encore, la disparition du Covid. Mais la priorité, jusque-là, est que toute la société contribue à maîtriser les courbes d’infections au coronavirus.

Pendant cette pause de huit semaines, profitons-en pour remodeler complètement le calendrier, quitte à jouer un peu plus tard dans l’année, jusqu’au mois de juin ou juillet s’il le faut. Profitons-en pour limiter les déplacements des équipes à droite et à gauche et faisons en sorte qu’elles se rencontrent plus souvent au même endroit dans un court laps de temps. Pourquoi ne pas, en cette saison décidément pas comme les autres, mettre sur pied des «back to back» soit des doubles rondes où les équipes s’affrontent deux fois de suite en 48h, au même endroit. Cela permettra d’écouler le stock de matches plus rapidement.

En l’état, le championnat actuel est non seulement faussé, mais il ne fait plus aucun sens. Appuyer sur le bouton «pause» est la seule option restante.

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54 commentaires
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KingR

31.10.2020 à 13:21

De toute façon ce virus va rester ad eternum. On ça pas tout supprimer de façon définitive. Non mais.. .

Debatinutile

31.10.2020 à 11:21

Stop!!! Il faut savoir dire non une pause et la santé avant tout !!!

Ami du blog

31.10.2020 à 10:50

Sympa le "débat", même si on ne sait pas qui pense quoi ? Et votre débat "Salut c't'équipe", y'a plus ? C'était instructif, sympa, etc... Dommage ! P.S.: Est-ce que c'est parce que Simon ne tient pas 1heure sans fumer une clope ?