Pandémie: Faut-il vacciner les détenus avant la population générale?
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PandémieFaut-il vacciner les détenus avant la population générale?

Selon des chercheurs britanniques les prisonniers ont trois fois plus de risque de mourir du coronavirus. Il faudrait donc les protéger en priorité.

par
Renaud Michiels
Vacciner les détenus avant la population générale? Le débat fait rage au Royaume-Uni

Vacciner les détenus avant la population générale? Le débat fait rage au Royaume-Uni

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Les prisonniers sont trois fois plus susceptibles de mourir du coronavirus que la population générale, selon des chercheurs de l’University College de Londres. Ils notent que l’Angleterre et le Pays de Galles ont enregistré 118 décès de détenus entre mars 2020 et février 2021. Selon leurs calculs cela représente un risque de décès 3,3 fois plus élevé que celui des personnes du même âge et du même sexe qui sont en liberté, explique «The Independent».

Un porte-parole du ministère britannique de la Justice a réagi en estimant que ces résultats étaient «très trompeurs». Ces données ne tiennent pas compte de la détérioration de la santé lorsqu’on est incarcéré comme des milliers de personnes qui entrent ou sortent de prison chaque année, selon lui.

Surmortalité «inacceptable»

Les chercheurs ont admis qu’avec les seules données accessibles au public déterminer un ratio précis était une «science imparfaite». Mais, ont-ils répliqué, il est cependant «clair» que le taux de décès en prison lié au coronavirus est «nettement plus élevé» que dans la population. Et d’attribuer cette surmortalité «inacceptable» à des prisons surpeuplées, moins d’accès aux sanitaires et des problèmes de santé plus fréquents.

Auteure principale de létude, Isobel Braithwaite a déclaré quà la lumière de ces résultats il faudrait que les détenus comme le personnel pénitentiaire fassent partie des populations à vacciner en priorité. «Une approche systématique de la vaccination dans l’ensemble des prisons est essentielle pour prévenir de nouvelles flambées et réduire le nombre total de décès», a-t-elle avancé, lançant le débat sur la question

Le porte-parole du Ministère de la justice ne veut pas non plus d’une priorité accordée aux détenus. «Nous avons protégé les vies de milliers de détenus et d’employés des prisons. Le nombre de décès est significativement plus bas que prédit et le nombre de cas a baissé durant ces sept dernières semaines consécutives car nos mesures strictes limitent la propagation du virus», a-t-il commenté.

En Suisse, priorité aux détenus

La stratégie de vaccination suisse a défini quatre groupes à vacciner en priorité «en fonction du risque lié à leur situation». D’abord «les personnes vulnérables», soit les plus âgés ou ceux qui sont fragilisés dans leur santé. Ensuite on trouve «le personnel de santé en contact avec des patients et le personnel accompagnant les personnes vulnérables». Puis «les adultes (vivant dans le même ménage ou proches aidants) ayant un contact étroit avec des personnes vulnérables». Et enfin le quatrième groupe qui aura accès au vaccin avant la population générale ce sont: «les adultes dans les institutions communautaires avec un risque accru d’infection et un potentiel de flambée». Deux exemples sont donnés: les établissements pour personnes handicapées et les prisons. En Suisse une certaine priorité est donc accordée aux détenus.

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