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TENNIS«Federer a déjà fait plus que ce que l'on pouvait imaginer»

Claudio Mezzadri a été le premier capitaine de Coupe Davis de Roger Federer. Il évoque l'histoire, parfois compliquée, du Bâlois avec cette compétition par équipes.

par
Simon Vuille
Claudio Mezzadri a été le premier coach de Federer en Coupe Davis.

Claudio Mezzadri a été le premier coach de Federer en Coupe Davis.

Swiss Tennis

Claudio Mezzadri, avez-vous été surpris par les déclarations de Federer qui a comparé la Coupe Davis à un «fardeau» lors d'une conférence de presse à Dubaï?

Après la victoire à Lille en novembre 2014, on pouvait déjà deviner qu'il n'allait pas jouer cette année. Le fait qu'il dise qu'il avait gagné la Coupe Davis pour l'équipe, pour les copains, c'était déjà un signe fort. Il y a aussi eu un changement de calendrier qui a donné le coup de grâce. L'année passée, le premier tour avait eu lieu juste après l'Open d'Australie. Cette année, ce week-end placé entre le tournoi de Dubaï et la tournée américaine n'est vraiment pas idéal pour lui.

Mais que pensez-vous des mots, parfois durs, utilisés par Roger Federer lors de sa conférence de presse?

J'ai été son premier capitaine en Coupe Davis. Les deux années suivantes, il a dû accepter un capitaine imposé. C'était une situation difficile pour lui car il était encore jeune. Les semaines de Coupe Davis ont toujours été dures sur le plan psychologique. Ça peut expliquer certaines choses dans son rapport à la compétition.

Par la suite, ses priorités ont changé avec les tournois du Grand Chelem. Mais, on doit respecter son choix. Il ne faut pas oublier tout ce qu'il amène à la Suisse en terme d'image et de succès. Il a déjà fait bien plus que ce que l'on pouvait imaginer.

Et qu'en est-il du calendrier de la Coupe Davis? N'est-ce pas le moment de le changer de formule?

C'est clair qu'on en parle beaucoup en ce moment. Il y a des propositions en tous genres. Mais le calendrier est déjà complet et on ne peut pas inventer de nouvelles semaines dans l'année! Certains pensent qu'il faut jouer la Coupe Davis tous les deux ans, c'est une option intéressante. D'autres parlent de la jouer sur seulement deux semaines. Mais là ce n'est plus la Coupe Davis, ça détruit l'âme de la compétition.

A propos du premier tour contre la Belgique (6-8 mars)? La Suisse a-t-elle une chance malgré l'absence des joueurs majeurs?

Dans une rencontre de Coupe Davis, on ne doit jamais partir battu. Séverin Lüthi en est tout à fait conscient et il va préparer ses joueurs en conséquence. Dans cette situation, c'est la Belgique qui est clairement favorite et qui a la pression sur ses épaules. David Goffin (le numéro 1 belge) doit faire ses points. Si ce n'est pas le cas, tout est possible pour la Suisse...

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