26.07.2012 à 06:12

Federer aux JO: douze ans d’amour et de frustration

Tennis

Fort de son septième titre à Wimbledon, Roger Federer entamera les JO de Londres avec entrain. Mais depuis 2000, force est de constater que le Bâlois ne brille que rarement lors de ces rencontres.

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Roger Federer perd en demi-finale face à l'Allemand Tommy Haas le 26 septembre 2000 (6-3, 6-2).

Roger Federer perd en demi-finale face à l'Allemand Tommy Haas le 26 septembre 2000 (6-3, 6-2).

AFP
Arnaud Di Pasquale remportera le bronze des JO australiens.

Arnaud Di Pasquale remportera le bronze des JO australiens.

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Le 13 août 2004, Roger Federer a l'honneur d'être le porte-drapeau de l'équipe nationale.

Le 13 août 2004, Roger Federer a l'honneur d'être le porte-drapeau de l'équipe nationale.

Keystone

Federer se voit bien disputer ses cinquièmes Jeux olympiques dans quatre ans à Rio. Le Bâlois sait cependant pertinemment qu’il ne trouvera pas plus belle opportunité de glaner enfin le titre en simple que cet été à Londres, dans «son» jardin de Wimbledon, trois semaines après y avoir conquis son 17e titre du Grand Chelem.

La médaille d’or remportée en double à Pékin en compagnie de Stanislas Wawrinka a certes la même valeur que toute autre breloque dorée. Mais Roger Federer (31 ans le 8 août) veut absolument marquer un peu plus l’histoire de son sport, vingt ans après le mémorable sacre de Marc Rosset sur la terre battue de Barcelone.

Trois échecs mortifiants

La vie du désormais septuple champion de Wimbledon est étroitement liée aux Jeux olympiques. C’est lors de sa première aventure olympique, il y a douze ans à Sydney alors qu’il était âgé de 19 ans, qu’est née son histoire d’amour avec Mirka Vavrinec.

C’est aussi en Australie qu’il a connu l’une de ses premières grosses désillusions sportives, échouant en finale pour la 3e place face à Arnaud Di Pasquale alors qu’il n’était encore qu’un espoir classé au 36e rang mondial.

Présent au sommet de la hiérarchie pendant plus de quatre ans – 237 semaines consécutives entre le 2 février 2004 et le 18 août 2008 –, Roger Federer craquait sous la pression lors des épreuves de simple des JO 2004 et 2008.

Heureux comme un gamin de porter le drapeau rouge à croix blanche lors des deux cérémonies d’ouverture, le Bâlois se montrait incapable de reproduire le flamboyant tennis qui lui permettait d’enchaîner les sacres majeurs. Il s’inclinait dès le 2e tour à Athènes face à Tomas Berdych, puis en quart de finale à Pékin où il sombrait face à James Blake.

Un sacre inattendu

Relancé par un Stanislas Wawrinka ultra-motivé et très performant alors que lui-même traînait son spleen, Roger Federer parvenait néanmoins à concrétiser en partie son rêve olympique dans la mégalopole chinoise. La magie opérait entre les deux hommes, qui s’offraient un triomphe autant mérité qu’inattendu dans une épreuve où ils n’ont que rarement brillé côte à côte en Coupe Davis. Le Bâlois trouvait là une émotion nouvelle parce que partagée, loin des joies solitaires vécues en Grand Chelem.

Roger Federer cédait certes dans la foulée sa première place mondiale à Rafael Nadal, titré en simple à Pékin au sortir d’un été incroyable dans lequel il avait réalisé son premier doublé Roland-Garros/Wimbledon.

Mais il trouvait un second souffle, une nouvelle motivation grâce à son sacre du double. Il s’adjugeait quatre des six titres du Grand Chelem suivants, profitant il est vrai des genoux douloureux de son rival espagnol pour retrouver également la première place mondiale le 6 juillet 2009.

L’apothéose?

Quatre années se sont écoulées depuis l’aventure pékinoise. Roger Federer n’est plus le maître incontesté du jeu, mais il a réussi l’exploit de redevenir No 1 mondial grâce à son sacre de Wimbledon.

Le Bâlois a prouvé – en avait-il besoin? – qu’il était toujours capable de pratiquer un tennis magique sur son terrain de jeu favori de Church Road, là où tout avait commencé le 6 juillet 2003, date de son premier titre majeur.

Le format du tournoi olympique, avec la finale comme seul match prévu au meilleur des cinq matches, semble qui plus est fait pour favoriser les desseins d’un joueur désormais emprunté lorsqu’il doit enchaîner les défis physiques face à Novak Djokovic et Rafael Nadal. Saura-t-il enfin résister à une pression qui sera forcément à nouveau plus forte sur ses épaules, pour s’offrir l’un des rares titres manquant à son incroyable palmarès?

(ats)

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