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TennisFederer: «Ils ont le droit d'être déçus»

Même s'il affirme «laisser une petite porte ouverte», Roger Federer ne sera très certainement pas de la partie à la fin du mois à Novi Sad pour le premier tour de la Coupe Davis qui opposera la Suisse à la Serbie.

Keystone

«J'ai communiqué ma décision aux joueurs de l'équipe le jour où je l'ai rendue publique, explique-t-il. Ils l'ont comprise. Je sais aussi qu'ils ont le droit d'être déçus».

Roger Federer n'a pas encore expliqué les véritables raisons de son choix. Il se borne à admettre qu'il a 32 ans et qu'il n'est pas un joueur comme les autres. Non pas dans le sens qu'il se sent dans la peau d'un extraterrestre, mais plutôt dans celle d'un homme confronté à un quotidien qui n'est pas celui d'un joueur lambda.

«Je regrette son choix de ne pas jouer à nouveau la Coupe Davis, lâche Severin Lühti. Je suis le premier à souhaiter sa présence. Mais programmer une campagne de Coupe Davis pour un joueur comme lui n'est vraiment pas évident. Vous ne pouvez pas imaginer toutes les sollicitations auxquelles il doit faire face».

«Je mesure la ferveur du public romand»

Partagé entre son rôle de coach de l'intéressé et de capitaine de l'équipe de Suisse de Coupe Davis, le Bernois n'occupe sans doute pas la position la plus enviable pour évoquer ce sujet. «Je mesure pleinement la ferveur du public romand pour la Coupe Davis, avoue-t-il. J'ai vécu en direct le Suisse - Brésil de 1992. Je vois aussi tout l'engouement que suscite Stanislas Wawrinka ces derniers mois. Réunir Roger et Stan pour un quart de finale ou une demi-finale à domicile serait quelque chose de fantastique pour le tennis suisse».

Malgré l'impasse de Roger Federer sur la rencontre de Novi Sad, la Suisse peut vraiment tracer sa route cette année dans le groupe mondial. Tout indique en effet que Novak Djokovic ne jouera pas la Coupe Davis en 2014. «Djokovic se retrouve bien seul. Tipsarevic est blessé et Troicki est suspendu, souligne Stanislas Wawrinka. Je ne le vois pas jouer à Novi Sad. L'an dernier, il s'est vraiment investi en Coupe Davis. Il a joué les quatre matches de la Serbie. Il s'était blessé au printemps à la cheville contre les Etats-Unis. Cette blessure lui a sans doute coûté sa place de no 1 mondial. En finale, il gagne ses deux simples contre les Tchèques mais la Coupe lui échappe. Cela m'étonnerait fort qu'il se lance dans une nouvelle campagne...»

En cas de succès en Serbie, la Suisse affrontera le vainqueur de la rencontre entre le Kazakhstan et la Belgique. Elle recevrait les Kazakhs, mais devrait affronter la Belgique à l'extérieur. Et là aussi, Stanislas Wawrinka peut presque à lui tout seul offrir la victoire à la Suisse. «Il ne faut pas sous-estimer Marco Chiudinelli, souligne Severin Lüthi. Marco parvient presque toujours à se sublimer en Coupe Davis».

Prendre le train en marche

«Bien sûr, l'idéal serait de pouvoir compter sur un plus grand réservoir derrière Federer et Wawrinka, poursuit le capitaine. Une équipe comme l'Espagne peut s'en sortir même si Nadal et Ferrer ne sont pas là. Nous, nous n'avons pratiquement aucune marge de manoeuvre». Les défaites mercredi de Marco Chiudinelli et de Henri Laaksonen au 1er tour des qualifications de l'Open d'Australie ne lui donnent pas vraiment tort. Comme un simple rappel des statistiques également: depuis 2005, la Suisse n'a jamais gagné une rencontre du Groupe mondial sans Roger Federer, battue par les Pays-Bas (2005), l'Australie (2006), l'Espagne (2007 et 2010), les Etats-Unis (2009) et la République tchèque (2013).

Roger Federer a sans doute jeté un coup d'oeil sur le tableau du Groupe mondial 2014. Si Stanislas Wawrinka évolue à son niveau, le Bâlois pourra prendre encore le train en marche à l'automne en demi-finale. «Avec des si, on est les rois», glisse toutefois le Bâlois à l'évocation de ce scénario. Une demi-finale qui peut l'emmener aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne ou bien lui offrir un match à domicile contre l'Italie.

En septembre prochain, Roger Federer aura fêté ses 33 ans. Il aura peut-être eu le bonheur d'ici-là de gagner un dix-huitième titre majeur. Ou bien il aura admis finalement que la Coupe Davis est bien la seule grande compétition qu'il peut encore gagner...

(SI)

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