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TennisFederer sera à Bâle, mais les organisateurs se plaignent

Les oreilles de Roger Federer ont dû siffler. Roger Brennwald, directeur du tournoi bâlois, a eu des mots durs à son égard lors de la conférence de presse des Swiss Indoors.

Keystone

Avant d’annoncer le grand retour de Rafael Nadal à Bâle pour ce tournoi ATP 500 qui aura lieu du 21 au 27 octobre prochain, Roger Brennwald a tout d’abord tenu à rassurer son auditoire: Roger Federer sera bien de la partie à la Halle Saint-Jacques. Il a précisé aussi que le quintuple vainqueur du tournoi n’avait pas signé de contrat. Il ne recevra donc aucune prime d’engagement contrairement à Rafael Nadal mais aussi aux quatre autres joueurs avec lesquels un accord a été finalisé: le tenant du titre Juan Martin Del Potro, le Canadien Milos Raonic, le Japonais Keï Nishikori et Stanislas Wawrinka.

«Une démarche un peu singulière»

«Roger Federer nous avait formulé une offre l’an dernier. Nous l’avons rejetée pour lui soumettre une contre-proposition, explique Roger Brennwald. Un délai lui avait été donné pour que nous puissions nous retourner dans le cas où nous n’aurions pas abouti à un accord. Nous n’avons eu aucune réponse de sa part avant d’apprendre dans les colonnes du Tages-Anzeiger son intention de jouer à Bâle en 2013. Je trouve cette démarche un peu singulière.»

Le directeur des Swiss Indoors regrette de n’avoir pas noué un dialogue direct avec le joueur. «Nous avons toujours dû passer par son agent Tony Godsick, poursuit-il. Je n’arrive plus à atteindre Roger au téléphone. Il y a quelque chose d’invraisemblable dans cette histoire. Nous vivons à quelques centaines de mètres l’un de l’autre mais nous ne pouvons pas nous voir entre quatre yeux. Et lorsque nous nous voyons, nous ne nous parlons pas dans notre langue maternelle en raison de la présence de son agent! En quarante ans, j’ai fait affaire avec de très nombreux joueurs. Je ne suis pas loin de croire que les négociations avec Roger Federer sont les plus compliquées que j’ai pu mener... C’est dommage dans la mesure où je suis fier et heureux de la belle histoire que nous avons vécue ces dernières années. Nous avons toujours déployé le tapis rouge pour Roger. Il le méritait mille fois.»

Un tournoi qui ne sera pas vendu

La détérioration des relations entre les deux hommes explique sans doute pourquoi Roger Brennwald a déjà arrêté son choix quand l’heure de sa succession sonnera: il ne vendra pas le tournoi à Roger Federer ou à un autre mais demandera à ses collaborateurs de poursuivre l’aventure. «Tout sera réglé pour qu’une solution interne puisse voir le jour», précise-t-il.

Avec un budget de 18,5 millions dont près du quart est destiné aux infrastructures, une affluence de 70 000 spectateurs et un partenariat noué avec 700 entreprises, Roger Brennwald affirme que les Swiss Indoors ont atteint une sorte de plafond. «Comme le FC Bâle qui ne pourra jamaia faire la course avec le Bayern Munich, il est utopique de croire que les Swiss Indoors pourront aller encore plus haut, dit-il. Bâle reste une petite ville avec ses avantages, certes, mais avec ses limites aussi. Ainsi, nous ne pourrons jamais nous permettre d’offrir une garantie d’un million de dollars à un joueur, quel qu’il soit».

Nadal honore sa promesse

Le fait que Roger Federer jouera «gratuitenment» a permis en partie l’engagement de Rafael Nadal. «Nadal n’est pas le joueur qui a obtenu la plus grosse garantie de l’histoire du tournoi, précise Roger Brennwald. Il est venu pour plusieurs raisons: la volonté de jouer un tournoi aussi relevé pour prendre des points qui doivent l’aider à obtenir le meilleur classement possible à la fin de l’année, et le désir aussi d’honorer une promesse. En 2006, Rafa avait dû déclarer forfait à la dernière minute alors qu’il venait de remporter à Madrid son seul titre indoor à ce jour. Il m’avait juré qu’il reviendrait à Bâle.» On le sait, le joueur de Manacor est un homme de parole.

Rafael Nadal a déjà participé à deux reprises aux Swiss Indoors, en 2003 et 2004. Il avait été battu les deux fois au premier tour, par Rainer Schüttler et Feliciano Lopez. La perspective d’un duel entre Roger Federer et Rafael Nadal contribuera bien sûr au succès populaire du plus grand événement sportif du pays. A ce jour, deux tiers des places ont déjà été écoulées. Il est d’ores et déjà acquis que l’on jouera à guichets fermés le vendredi, le samedi et le dimanche.

(SI)

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