Ski alpin: Federica Brignone a tout d'une géante

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Ski alpinFederica Brignone a tout d'une géante

La fille de Maria-Rosa Quario sera l'une des favorites jeudi dans le géant féminin. Portrait d'une femme de tempérament.

par
Christian Maillard
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Le frère Davide (à g.), Federica au centre et la maman Maria-Rosa Quario (à dr.).

Le frère Davide (à g.), Federica au centre et la maman Maria-Rosa Quario (à dr.).

Christian Maillard

Des chiens ne font pas des chats, dit-on, et vice-versa. Sa maman, Maria-Rosa Quario, victorieuse de quatre épreuves en Coupe du monde dans sa carrière, a aussi été, comme elle, une championne. Avec un père moniteur de ski, il y avait de la neige qui coulait dans son sang et Federica Brignone n'a pas pu faire autrement que de tomber très tôt dedans. «Mais précise l'Italienne de 28 ans, ils ne m'ont jamais poussée. Moi j'ai toujours adoré skier, même si jusqu'à l'âge de 16 ans, j'avais surtout envie de pratiquer ce sport avec mes amis, en groupe, sans me prendre la tête. Je n'ai jamais cherché à devenir une championne, je m'en fichais.»

Mais après avoir essayé la gymnastique, le patinage artistique, l'escalade, le golf et le tennis, c'est le ski qui lui procure le plus d'émotions. «C'est le sport où je m'amusais le plus, où je m'ennuyais le moins, où j'étais la plus compétitive et où je gagnais», se souvient la skieuse de Courmayeur. Pour progresser, cette étoile filante s'inspire alors de Ted Ligety, son modèle. «J'ai toujours regardé plus les hommes que les filles», se marre cette athlète polyvalente dont la carrière s'accélère en 2009 quand elle devient championne du monde juniors du combiné. «Comme je n'ai pas peur et que j'aime le ski en général, j'aime autant la descente que les courbes de slalom ou de géant» renchérit la compagne du descendeur français Nicolas Raffort qui compte désormais 26 podiums en coupe du monde, dont neuf victoires, la dernière cet hiver lors du géant de Killington.

La Milanaise, qui vit aujourd'hui dans la Vallée d'Aoste, est heureuse de son parcours sur ce cirque blanc où il s'agit encore d'ajouter une médaille d'argent au géant des Mondiaux de Garmisch en 2011 et du bronze lors du géant des JO de PyeongChang. Même si elle a l'impression qu'elle aurait pu faire mieux. «J'en voudrais plus car ce sont mes dernières années de compétition, ajoute-t-elle. Alors je me mets beaucoup de pression.»

«Je ne serai jamais comme elle»

Il y a toute la ferveur de sa Péninsule lorsqu'elle vous parle en ajoutant les gestes à la parole. Quand elle évoque la Suisse, qu'elle apprécie, elle met en avant la montagne et le fromage, mais aussi la rigueur. «Il y a beaucoup de règles chez vous et je devrai parfois en avoir plus dans ma vie!» A Are, où elle a bravé le froid et le vent, elle ne va pas se contenter d'apprécier cette nature qu'elle adore. Après une déception dans le combiné où elle était si proche d'une médaille après la descente avant de finir 6e, elle veut le titre.

«En géant, il faut du rythme, de la technique et du courage, cette discipline est faite pour moi, sourit Federica, qui sera l'une des favorites ce jeudi avec Tessa Worley, Petra Vlhova et Mikaela Shiffrin qu'elle considère comme un robot. «Moi, précise l'Italienne, qui dit toujours ce qu'elle ressent, je ne serai jamais comme elle. Elle est trop parfaite.» Et si pour une fois les rôles s'inversaient? C'est sa maman, Maria Rosa, devenue journaliste à «il Giornale» et à «Sciare», qui devra alors écrire un roman sur sa fille. «C'est toujours compliqué d'élaborer des articles sur elle, admet l'ancienne slalomeuse. Mais je pourrai aussi rappeler dans son portrait que son frère, Davide, était encore plus fort qu'elle mais il a eu tellement d'accident qu'il n'a pas pu continuer. Cela dit, Federica, elle, a toujours été volontaire avec cette envie constante de gagner.» Comme aujourd'hui.

Attention à elle, ce petit gabarit a tout d'une géante.

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