Procès: Femme trompée, gorge coupée

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ProcèsFemme trompée, gorge coupée

Une Franco-Dominicaine a poignardé sa meilleure amie, après avoir appris que cette dernière couchait avec son mari. Une affaire jugée hier à Lausanne.

par
Sarah Zeines
La plaignante (ici avec un représentant de la LAVI) est encore en contact avec l'ex-mari de son ex-meilleure amie. Mais vit désormais «dans la peur. avec une grande cicatrice au cou».

La plaignante (ici avec un représentant de la LAVI) est encore en contact avec l'ex-mari de son ex-meilleure amie. Mais vit désormais «dans la peur. avec une grande cicatrice au cou».

Maxime Schmid

C'est l'histoire d'une double trahison, suivie d'un violent coup de couteau à la gorge. Dans ce scénario digne d'un polar, Theresa*, Franco-Dominicaine établie en Valais depuis une douzaine d'années, attaque Laurelie*, sa meilleure amie. Les faits remontent à fin 2014 et Theresa vient d'apprendre que son mari fréquente sa «sœur de cœur». Une nouvelle qu'elle «apprend par SMS», trois mois après que son époux a soudainement quitté le domicile familial, où le couple vivait avec sa fille et le grand fils de Theresa, né d'une précédente union. «Je pensais que notre amitié était forte et sincère», a assuré les larmes aux yeux la prévenue, hier au Tribunal criminel de Lausanne. «Le ciel m'est tombé sur la tête.»

Copine muée en rivale

Désir de vengeance ou pulsion meurtrière? Si la réponse à cette question demeure floue, la femme trompée décide un soir de débarquer chez sa copine muée en rivale. Dans sa poche, elle tient une lame en céramique. Une arme qu'elle dégaine dans les escaliers du hall d'entrée dès que Laurelie débarque, en compagnie du mari infidèle. «Je n'ai pas tout de suite senti le coup de couteau, s'est remémoré la plaignante. J'ai su que j'étais blessée quand le sang a coulé.»

Aujourd'hui, Laurelie «reste en contact, mais discrètement» avec l'homme au centre du litige. «Ma cliente était en échec professionnel et amoureux au moment de commettre son acte», a précisé Me Nicolas Perret, avocat de la défense. «Son couple était uni et Theresa ambitionnait d'acheter une maison en République dominicaine. Du jour au lendemain, elle a tout perdu.»

«Narcissisme et dépression»

Convoqué comme témoin, l'expert psychiatre Philippe Delacrausaz évoque «une blessure narcissique conjuguée à une dépression», au moment du passage à l'acte. «Elle a aussi eu des envies suicidaires à cette époque», a encore souligné le médecin.

Incarcérée depuis près de deux ans, Theresa sera fixée sur son sort aujourd'hui. Une peine que ses proches, nombreux sur place pour la soutenir, espèrent clémente.

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