17.05.2020 à 06:23

Femmes tabassées: le procès s’ouvre à Thonon-les-Bains (F)

Genève

Les cinq prévenus, des Français âgés de 22 à 25 ans, contestent les faits. Ils risquent une peine allant jusqu’à dix ans d’emprisonnement.

La Place des Trois-Perdrix où a eu lieu l’agression survenue le 8 août 2018.

La Place des Trois-Perdrix où a eu lieu l’agression survenue le 8 août 2018.

Keystone

Le procès de cinq Français accusés d'avoir tabassé cinq femmes à la sortie d'une boîte de nuit à Genève en été 2018 s'ouvre mardi devant le Tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains (F). Le Parquet a retenu des violences volontaires avec circonstances aggravantes pour certains.

Ce déferlement de violence avait choqué à Genève et largement au-delà. Le drame remonte au 8 août 2018. Au petit matin, cinq clientes sortent d'une discothèque située en vieille-ville. Elles sont violemment frappées par plusieurs individus. Les coups de poing et de pied s'abattent sur elles. Une béquille et une matraque sont utilisées comme arme par les agresseurs, qui prennent ensuite la fuite en voiture.

Les victimes finissent à l'hôpital avec des lésions de la face, des dents cassées, des fractures de la mâchoire et du nez, des plaies et des hématomes. L'une d'elles sombre dans le coma pendant plusieurs jours. Deux opérations chirurgicales du cerveau sont nécessaires.

«Mes clientes restent traumatisées par cette sauvage et gratuite agression. Leur seul tort est d’avoir voulu, par altruisme, secourir une femme, qu’elles ne connaissaient pas, et qui était injustement tabassée», indique Robert Assaël, l'un des avocats de quatre des victimes. L'issue aurait pu être mortelle, relève-t-il en soulignant qu'elles resteront marquées à vie.

Requalification

Le Ministère public genevois a déjà traité d'autres passages à tabac comme tentative de meurtre. Mais dans ce cas, le parquet français qui instruit en raison de la nationalité des auteurs présumés, estime que «l'intention homicide paraît discutable dans la mesure où les protagonistes étaient de parfaits inconnus avant ces faits et les mis en examen n'ont verbalisé aucune intention au cours des faits.»

Les charges ont été requalifiées au cours de l'instruction en violences volontaires ayant entraîné une incapacité de travail supérieure à huit jours avec des circonstances aggravantes pour certains. Il s'agit notamment de l'usage d'une arme, en l'occurrence une béquille ou une matraque, et des faits commis en réunion.

Des électriciens

Les cinq prévenus sont âgés de 22 à 25 ans. Ils habitent tous en France voisine. L'un d'eux travaille comme électricien dans une entreprise genevoise. Il n'a pas de casier judiciaire, mais a été impliqué alors qu'il était mineur dans des histoires d'extorsion et de tentative de vol en réunion.

Un autre travaille aussi comme électricien. Son casier judiciaire est chargé avec douze condamnations, dont la moitié pour des faits de violence. Il a déjà été renvoyé devant la Cour d'Assises pour des faits de violence en réunion avec usage ou menace d'une arme suivie d'infirmité ou de mutilation permanente.

Jusqu'à dix ans

Un autre prévenu, sans emploi, a également un casier chargé avec treize condamnations. Le quatrième, titulaire d'un diplôme en cuisine, travaillait comme gérant d'un commerce de pizzas. Il a été condamné comme mineur pour appels malveillants et violence avec préméditation.

Le dernier, qui est le seul à ne pas être en détention provisoire, a un casier judiciaire vierge. Il a toutefois été condamné récemment pour des faits de violence aggravée mais a fait appel. Des preuves matérielles, des images vidéo et des témoignages mettent en cause ces cinq hommes. Les prévenus contestent les faits.

Le procès est prévu sur deux jours. En France, le Tribunal correctionnel est compétent pour les peines allant jusqu'à dix ans d'emprisonnement. Cette peine peut être doublée lorsqu'il y a récidive. En raison de la pandémie, le procès ne sera pas public et aucun témoin ne sera entendu.

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