11.03.2015 à 10:58

AustralieFermer des villages aborigènes pour faire des économies

Le premier ministre australien, Tony Abbott, veut fermer des villages aborigènes jugés trop coûteux pour le contribuable.

Tony Abbott souhaite faire des économies en fermant plus d'une centaine de village aborigènes dans l'ouest de l'Australie.

Tony Abbott souhaite faire des économies en fermant plus d'une centaine de village aborigènes dans l'ouest de l'Australie.

Archive, AFP

Il passe pourtant pour un ardent défenseur des Aborigènes: le Premier ministre australien s'est attiré le mercredi 11 mars une volée de bois vert en proposant de fermer des villages de cette minorité défavorisée, à des fins d'économie.

Présents sur le territoire - ainsi que les indigènes du détroit de Torrès - depuis au moins 40.000 ans, les Aborigènes vivent aujourd'hui dans des régions isolées, loin des grandes agglomérations et des pôles d'activité économique, dans des conditions souvent misérables.

En proie à l'analphabétisme, au chômage, à l'alcoolisme, victimes de la désertification médicale, ils sont très dépendants de la solidarité nationale.

Or le Premier ministre Tony Abbott estime que ces affres induisent un coût social et financier de moins en moins supportable pour les contribuables australiens, récemment contraints à de gros sacrifices pour maintenir à flots le budget de l'Etat.

Des dépenses trop excessives

Les contribuables, a plaidé Tony Abbott dans une interview à la télévision publique ABC, acquittent leurs impôts «pour fournir des services décents» à condition que leur sacrifice soit tout aussi «décent».

«Nous ne pouvons pas éternellement subventionner des choix de vie si ces choix de vie ne permettent pas (à leurs bénéficiaires) de participer pleinement à la société australienne», a-t-il ajouté.

Le dirigeant libéral-conservateur propose donc de fermer plus d'une centaine de villages aborigènes dans l'Etat d'Australie-Occidentale si les services publics de base ne peuvent y être garantis sans une dépense qu'il juge excessive.

Image d'un défenseur des Aborigènes

Ces propos rompent avec l'image que s'est forgée depuis plusieurs années Tony Abbott de grand défenseur des Aborigènes, citoyens de seconde zone depuis l'arrivée des colons européens à la fin du 18ème siècle.

L'ancien séminariste, qui passe une semaine par an sous une tente dans un village autochtone, avait juré fin décembre de «suer sang et eau» pour la reconnaissance de la communauté dans la Constitution.

Son principal conseiller aux affaires indigènes, Warren Mundine, un ancien responsable travailliste, s'est dit abasourdi mercredi. «Ces gens vivent sur leurs terres originelles [...]. Il s'agit de leur vie, de leur essence même, de leur culture même», a-t-il rappelé.

(AFP)

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