21.06.2019 à 22:51

AutomobilismeFerrari perd définitivement la victoire de Montréal

Selon la Scuderia, Vettel a été le premier à franchir la ligne d’arrivée au Canada et il est donc le vainqueur. Mais les commissaires sportifs viennent de rejeter le dernier recours de la Scuderia!

par
Luc Domenjoz, Le Castellet

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Eléments nouveaux

Le règlement prévoit que les pénalités décidées par les commissaires sportifs des Grands Prix et appliquées pendant les courses ne peuvent pas être soumises à recours. Seule exception: si l’écurie parvient à présenter des éléments nouveaux susceptibles de faire réviser une décision prise à chaud sans avoir connaissance de ces éléments.

C’est ce qu’a tenté la Scuderia Ferrari à propos de la victoire de Sebastian Vettel, au Canada: à Montréal, l’Allemand était légèrement sorti de route au 48e tour, revenant en piste «en vrac» et poussant Lewis Hamilton, juste derrière, hors de la trajectoire. Pour ce retour en piste jugé dangereux, les commissaires canadiens ont infligé cinq secondes de pénalité au pilote Ferrari. Si ce dernier a remporté, sur la piste, le Grand Prix, Lewis Hamilton en a été déclaré vainqueur puisqu’il suivait la Ferrari à moins de cinq secondes.

C’est contre cette pénalité que Ferrari a fait recours, vendredi, présentant des «éléments nouveaux». En l’occurrence, des relevés télémétriques de la Ferrari numéro 5, qui prouvent que Sebastian Vettel a ralenti une fois qu’il était hors de piste, dans le gazon, et qu’il a corrigé tant bien que mal une monoplace partie en travers au moment de rejoindre la piste - et donc qu’il ne s’agissait aucunement de sortir volontairement Lewis Hamilton.

C’est le directeur sportif de Ferrari, le Français Laurent Mekies - un ancien de la Fédération Internationale de l’Automobile (la FIA) - qui a défendu le cas de Ferrari vendredi après-midi. Les éléments nouveaux consistaient aussi en une vidéo d’explication de Karun Chandhok, un ancien pilote, ainsi qu’une vidéo de caméra embarquée montrant le casque de Sebastian Vettel de face. Après audition de Laurent Mekies et étude de ces éléments, les commissaires du Castellet ont estimé que ces éléments nouveaux n’apportaient rien dont n’aient pas disposé les commissaires du Canada. L’appel de Ferrari est donc rejeté et la victoire de Lewis Hamilton au Canada confirmée.

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Les Mercedes les plus rapides

Les deux Mercedes, Valtteri Bottas devant Lewis Hamilton, ont signé les deux meilleurs chronos de la première journée d’essais du Grand Prix de France. Les Mercedes sont très à l’aise sur ce circuit et se posent en grandes favorites. Lewis Hamilton se sent en tout cas très à l’aise: jeudi, contrairement à la tradition, il n’est pas venu au circuit pour assister aux cérémonies célébrées en mémoire de Karl Lagerfeld, dont le Britannique était grand fan.

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De nouveaux moteurs, et les premières pénalités

Cette saison, seuls trois moteurs sont autorisés sur chaque monoplace. Un changement supplémentaire entraîne donc une pénalité qui relègue en général la voiture en fond de grille de départ.

Chez Renault, Daniel Ricciardo bénéficiera de la nouvelle spécification amenée ici par le constructeur français, tandis que Nico Hülkenberg devra se contenter de l’ancienne ici: comme l’Allemand a déjà vu son V6 changé deux fois, Renault voulait éviter qu’il soit pénalisé au départ de son Grand Prix national.

Chez Honda, nouveau moteur aussi. Mais seul Alex Albon, sur Toro Rosso, en bénéficiera et partira du fond de la grille de départ.

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Trois circuits en voie de disparition

Le calendrier 2020 de Formule 1 devrait être annoncé d’ici la semaine prochaine. Si deux nouveaux Grands Prix y figurent (le Vietnam et la Hollande), deux, voir trois Grands Prix actuels sont appelés à disparaître. C’est à coup sûr la dernière année du Grand Prix d’Allemagne: soutenu à bout de bras par Mercedes, cette épreuve historique vivra sa dernière édition le mois prochain, la marque de Stuttgart ayant déjà annoncé qu’elle mettait un terme à son financement.

Deux autres épreuves sont très menacées: le Grand Prix d’Espagne, qui est arrivé au terme de son contrat, et le Grand Prix du Mexique, lui aussi au terme de son contrat et qui a perdu le soutien politique et financier de la ville de Mexico.

De son côté, Chase Carey, le patron de la F1, souhaite toujours un calendrier à 25 Grands Prix. Mais jusqu’ici, tous ses projets visant à organiser une deuxième épreuve aux USA ont échoué, Miami et New York s’étant désistées. Au moment d’annoncer le projet au public, ces deux villes ont fait face à tant d’oppositions que les municipalités ont préféré renoncer au Grand Prix.

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Bataille de millions

Les règlements pour 2021, qui doivent théoriquement changer complètement la F1, devaient être dévoilés en juin 2018. Puis en juin 2019. Aux dernières nouvelles, ils le seront en octobre prochain seulement.

Le budget des écuries sera alors plafonné, une mesure très difficile à vérifier. Mais c’est sur le montant lui-même qu’il y a un profond désaccord: initialement, on parlait de 150 millions de dollars par an. Ce montant, ensuite, a exclu le salaire des pilotes et des dirigeants. Puis le plafond est monté à 175 millions. Et maintenant, ce montant exclu le marketing, l’hospitalité, les déplacements et les hôtels, ainsi que la promotion des écuries. Du coup, beaucoup se plaignent d’un plafond nettement trop élevé (c’est la cas de Zak Brown, chez McLaren), impossible à atteindre pour les petites écuries, et qui ne remplit donc pas du tout son objectif de nivellement entre les équipes, censé redonner leurs chances aux plus petites structures par rapport à des écuries comme Mercedes ou Ferrari qui comptent chacune plus de 1500 employés.

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