28.05.2019 à 16:53

Financement publicFibre optique: l'Etat de Fribourg coupe le robinet

La troisième tranche du prêt de l'Etat, soit 15 millions, ne sera pas libérée pour financer l'équipement du canton en fibre optique.

Le conseiller d'Etat Jean-François Steiert.

Le conseiller d'Etat Jean-François Steiert.

Après Swisscom, c'est au tour de l'Etat de Fribourg de sortir du financement de la fibre optique dans le canton. La société ftth fr, active dans son déploiement, continuera néanmoins à exploiter et à développer le réseau dans les zones déjà équipées.

«La poursuite de la mission de base nécessiterait un apport supplémentaire de 300 millions de francs», a dit mardi à Fribourg le conseiller d'Etat Jean-François Steiert. La fibre optique ne représente plus la panacée aujourd'hui, même si l'objectif est rempli avec 120 millions déjà investis, en partie avec le géant bleu.

La décision est la conséquence du renoncement, annoncé début 2017, de Swisscom, l'opérateur contrôlé majoritairement par la Confédération. Depuis, la situation a fait l'objet d'une analyse. Plusieurs opérateurs multimédias sont à même désormais d'équiper le canton, a expliqué le ministre des Finances Georges Godel.

Incertitude

«Difficile de savoir dans 20 ou 30 ans ce que vaudra encore un réseau de fibre optique», a relevé Jean-François Steiert, en charge des constructions. «Peut-être faudra-t-il à nouveau investir à un moment donné». L'objectif est d'assurer l'accès le plus large de la population aux réseaux à haut débit, sans préférence technologique.

«Le verre ne s'use pas, mais il s'agira de voir comment ce réseau pourra être rentabilisé dans plusieurs décennies», a estimé Jean-Baptiste Henry de Diesbach, mandataire externe du Conseil d'Etat. «Des zones difficiles ont été équipées, afin d'éliminer les déserts numériques dans le canton.»

Dès 2012, la technologie FTTH (pour fibre optique jusqu'à la maison) visait à assurer l'extension de la fibre optique en ville et à la campagne, pour couvrir 90% du territoire jusqu'en 2027, à des conditions avantageuses, a rappelé Jean-François Steiert. Aujourd'hui, le fossé numérique est quasiment comblé.

De plus, il existe des technologies alternatives, notamment dans les télécommunications sans fil. Dans ce domaine, en plein essor, il suffit de penser au début du développement de la 5G, même si l'innovation suscite des réticences notamment par rapport à son impact sur la santé.

Dix personnes

Dix personnes travaillent pour ftth fr, a précisé Jean-François Steiert. «Le réseau existe. La question de l'avenir est ouverte. Mais aucun arrêt d'activité n'est prévu, il y a encore du travail, avec l'installation de 30'000 prises encore», a complété Jean-Baptiste Henry de Diesbach.

L'Etat de Fribourg avait accordé une contribution de 40 millions de francs. Ce montant se décomposait en une participation de 5 millions au capital-actions et un prêt sans intérêts de 35 millions, dont 20 millions ont été versés à ce jour, a noté Olivier Curty, le conseiller d'Etat en charge de l'économie.

Le succès n'a pas correspondu aux espoirs placés dans la fibre optique, a résumé le gouvernement. La fin du partenariat avec Swisscom avait déjà provoqué des interrogations. La décision communiquée mardi implique que la troisième tranche du prêt de l'Etat (15 millions) ne sera pas libérée.

Pour mémoire, la société ftth fr avait été lancée pour être en avance sur les technologies en vogue. Ses actionnaires sont l'Etat de Fribourg (10,6%), le Groupe E (75,8%), Gruyère Energie (12,3%) et les Services industriels de Morat (1,3%). Le canton est par ailleurs actionnaire majoritaire du Groupe E.

(ats)

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