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footFifa/Corruption - Blazer, Blatter et cie, acteurs d'un incroyable feuilleton (REPERES)

Par Philippe GRELARD, Keyvan NARAGHI Paris, 4 juin 2015 (AFP) - Chuck Blazer, le repenti, Joseph Blatter, le président honni démissionnaire, Jack Warner, l'homme de l'ombre, ou encore le Prince Ali, candidat du changement: voici les principaux acteurs au générique du feuilleton de la Fifa.

L'homme par qui le scandale est arrivé. Ancien tout-puissant secrétaire général de la Concacaf (Confédération d'Amérique du nord, centrale et Caraïbes), cet imposant millionnaire à la barbe de Père Noël, âgé de 70 ans, a accepté de collaborer avec le FBI alors qu'il est lui-même sous le coup d'inculpations pour "racket, virements frauduleux, blanchiment d'argent, évasion fiscale, corruption et évasion fiscale". Surnommé "Monsieur 10%" du temps de sa splendeur à la Fifa, l'Américain a servi d'indic en dissimulant un petit micro dans un porte-clés afin d'enregistrer plusieurs dirigeants du foot mondial. Ancien vice-président de la Fifa et ex-patron de la Concacaf, le Trinidadien Jack Warner est la figure centrale du scandale de corruption à la Fifa. La plupart des accusations convergent vers cet homme de 72 ans, qui fait partie des 9 dirigeants inculpés pour "paiements illégaux, corruption, racket et blanchiment d'argent" tout en étant visé par un avis de recherche d'Interpol. Son CV est particulièrement fourni puisqu'il a dû quitter la Concacaf et la Fifa dès 2011 pour avoir tenté d'acheter des voix en faveur du Qatari Mohamed bin Hammam lors de la campagne à la présidence de la Fifa. On le croyait insubmersible, surtout après son élection à la tête de la Fifa pour un 5e mandat, deux jours à peine après l'explosion du scandale. Mais Joseph Blatter, 79 ans, n'a pas résisté longtemps à l'ouragan. La mise en cause directe par le New York Times de son bras droit Jérôme Valcke, secrétaire général de l'instance, accusé d'avoir transféré 10 millions de dollars sur des comptes gérés par Warner, a précipité sa démission après 40 ans passés à la Fifa dont 17 à la présidence. En accusant Valcke, la presse américaine a indirectement poussé "Sepp" vers la sortie. C'est dire si le destin des deux hommes était lié depuis la nomination du Français de 54 ans comme N.2 en 2007 malgré un... limogeage en 2006 dans le cadre du litige Mastercard-Visa. "Je n'ai aucun reproche à me faire, je n'ai pas à me justifier d'être innocent", s'est-il défendu mercredi. Le 27 mai, jusqu'au petit matin, ils dormaient dans un 5 étoiles zurichois. Depuis, ces sept responsables de la Fifa sont soumis au régime carcéral habituel du canton de Zürich. Au premier rang d'entre eux, il y a le massif Jeffrey Webb (Iles Caïman), vice-président de la Fifa et membre de son comité exécutif, président de la fameuse Concacaf. Les six autres sont Eduardo Li (Costa Rica), membre du comité exécutif de la Fifa, de celui de la Concacaf, et président de la Fédération du Costa Rica; Julio Rocha (Nicaragua), responsable du développement de la Fifa; Costas Takkas (Grande-Bretagne), collaborateur du président de la Concacaf; Eugenio Figueredo (Uruguay), vice-président et membre du comité exécutif de la Fifa; Rafael Esquivel (Venezuela), membre du comité exécutif de la Conmebol, président de la Fédération vénézuélienne (FVF); José Maria Marin (Brésil), membre du Comité d'organisation de la Fifa pour le football olympique et ancien président de la Fédération brésilienne (CBF). Le prince Ali, qui avait poussé Blatter à un deuxième tour le 29 mai à Zurich (avec 73 voix contre 133), a déjà fait savoir qu'il était prêt à se représenter à la présidentielle (dont la date reste à fixer entre décembre 2015 et mars 2016). Le Jordanien de 39 ans, ex-vice président de la Fifa, a fait campagne sur le thème de la transparence et de la probité. C'est un atout. Le problème du demi-frère du roi Abdallah II est qu'il apparaît inexpérimenté aux yeux d'une bonne partie du corps électoral de la Fifa (les 209 fédérations) et qu'il ne fait pas l'unanimité au sein de sa Confédération, l'Asie. Tout le monde attend de connaître la position de Michel Platini, président de l'UEFA. Si le Français de 59 ans (il aura 60 ans le 21 juin) décide de se présenter, beaucoup de pièces sur l'échiquier de la présidentielle Fifa se retireront. L'ex-triple Ballon d'Or a pour lui son passé dans le foot et sa gestion sans accroc de l'UEFA. Ses adversaires lui reprocheront de représenter la riche Europe et d'avoir voté pour le Mondial au Qatar. pgr-kn/chc

(AFP)

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