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footFifa/corruption: une commission indépendante nécessaire (ONG)

Berlin, 15 juil 2015 (AFP) - Une "commission indépendante" est nécessaire pour mettre fin à la "culture de la corruption" au sein de la Fifa, engluée dans un vaste scandale de corruption, a estimé mercredi l'ONG Transparency International.

"La Fifa s'est vu adresser un carton rouge à plusieurs reprises et pourtant, elle a toujours échoué à se réformer", dénonce dans un communiqué Cobus de Swardt, directeur de cette ONG basée à Berlin et spécialisée dans la lutte contre la corruption. Transparency lance cet appel pour une "réforme indépendante" de la Fifa conjointement avec l'ONG Avaaz, la Confédération internationale des syndicats et le groupe de pression "New Fifa now" ("Une nouvelle Fifa maintenant"), précise le communiqué. "Il faut une commission de réforme indépendante et la Fifa doit changer (...) La Fifa a une dette envers les fans et les joueurs et doit changer maintenant", poursuit le patron de l'ONG qui dénonce la "culture de la corruption qui a englouti l'organisation". Le rôle de cette commission serait de "revoir, de développer et d'appliquer la constitution de la Fifa, ses statuts et ses codes, de nouveaux accords de gouvernance et d'adhésion (...) et de mener de nouvelles élections", insiste encore Transparency. Dans un manifeste de sept pages intitulé "Give back the game : how to fix Fifa" ("Rendez le jeu : comment réparer la Fifa") et rendu public jeudi, l'ONG propose ainsi plusieurs pistes pour "mettre fin" à la corruption dans les instances dirigeantes du football. Outre la mise en place de cette commission indépendante, le texte réclame par exemple une limitation des mandats à "deux fois quatre ans" pour les présidents et les membres du comité exécutif ainsi que la publication des revenus des cadres supérieurs. Le manifeste propose également que le président de la Fifa, élu à bulletin secret, le soit désormais lors d'un scrutin public. Il souligne aussi la nécessité de rompre avec "l'opacité financière" de la Fifa en publiant ses informations financières sur une "plateforme ouverte". Transparency suggère également que la "corruption privée" soit inscrite dans le code pénal suisse comme une infraction susceptible d'être poursuivie d'office "et dans tous les cas". Début juin, quelques jours après la démission de Sepp Blatter, qui venait d'être réélu à la tête de la Fifa, les parlementaires suisses ont accepté un projet de loi en ce sens -- le texte a été surnommé Lex Fifa --, limitant toutefois sa portée puisque la corruption privée sera poursuivie d'office seulement si l'intérêt public est menacé. Le manifeste de Transparency est publié quelques jours avant le comité exécutif extraordinaire de la Fifa, prévu lundi à Zurich. Il doit fixer la date du congrès pour élire le successeur de M. Blatter. L'instance internationale est secouée depuis plusieurs semaines par un scandale sur fond de corruption. Fin mai, sept dirigeants anciens et actuels de l'instance ont été arrêtés pour corruption, escroquerie et blanchiment d'argent à la demande de la justice américaine. dsa/

(AFP)

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