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footFifa: Dr. Chung et Valcke, méconnus mais incontournables (REPERES-ACTUALISATION)

Par Corentin DAUTREPPE

Paris, 8 oct 2015 (AFP) - De Chung Mong-joon à Jérôme Valcke, suspendus comme Platini et Blatter par la commission d'éthique de la Fifa, au président intérimaire de la Fifa Issa Hayatou, des acteurs de l'ombre du football mondial se retrouvent en pleine lumière jeudi.

"Le changement pour la continuité". Le Dr Chung Mong-joon, personnalité incontournable du football asiatique, s'était choisi un credo axé sur la rupture avec les pratiques passées et la transparence pour sa campagne à la présidence de la Fifa.

En termes d'image, c'est raté. Le milliardaire sud-coréen, membre de la famille propriétaire du géant Hyundai, a été suspendu jeudi par la commission d'éthique de la Fifa pour six ans, sans parler d'une amende de 100.000 francs suisse (91.500 euros environ).

Il avait pris les devants, annonçant mardi qu'il était menacé de 19 ans de suspension, suspecté d'infractions dans le cadre de l'attribution aux pays-hôtes des Mondiaux 2018 et 2022.

La commission a précisé jeudi que la procédure le visant avait été ouverte en janvier 2015 et concernait effectivement le processus de désignation des Mondiaux 2018 et 2022, respectivement en Russie et au Qatar. Elle a surtout considéré que le Sud-Coréen avait enfreint le code d'éthique de la Fifa, notamment concernant les règles de conduite, la confidentialité et le devoir de coopération.

Le Français Jérôme Valcke, N.2 de l'instance internationale dans l'ombre de Joseph Blatter, a lui aussi écopé d'une suspension de 90 jours jeudi, bien qu'il "nie de manière non équivoque les fausses allégations faites contre lui", selon un communiqué transmis par son avocat.

La Fifa avait toutefois mis à la porte dès la mi-septembre son secrétaire général, après que la presse anglaise eut fait état de son implication supposée dans une affaire de revente sur le marché noir de places lors du Mondial-2014.

En juin, il avait déjà été visé par des accusations concernant des transferts de fonds sur le compte de l'ancien vice-président Jack Warner, via l'Afrique du Sud, qui avaient précédé la démission de Sepp Blatter.

La Fifa avait répliqué qu'il s'agissait d'un projet destiné à "aider la diaspora africaine dans les Caraïbes" approuvé par l'Afrique du Sud, et assuré qu'aucun de ses dirigeants n'avait fauté, mais le tollé mondial avait conduit Blatter à démissionner.

Ce n'était pas le premier accroc pour Valcke, ancien journaliste de 55 ans. Il avait en effet déjà été renvoyé de la Fifa en 2006, après s'être trouvé au coeur d'un litige entre deux sponsors de Fifa, Mastercard et Visa, qui coûtera 90 millions de dollars (environ 82 M EUR) à l'instance. Il avait été réintégré six mois après, avec une belle promotion au rang de N.2.

Issa Hayatou à la Fifa, Angel Maria Villar Llona à l'UEFA? La suspension à titre conservatoire de Joseph Blatter et Michel Platini devait statutairement aboutir à la désignation de ces deux "vice-présidents senior" pour les remplacer à titre intérimaire, à la tête des instances internationales.

Le premier, Camerounais de 69 ans et patron du foot africain, est également président de la commission des finances de la Fifa et a effectivement été nommé jeudi président par intérim de la Fifa. Il avait défié Blatter à l'élection pour ce poste en 2002, avant de s'allier avec le Suisse de manière indéfectible.

Ancien joueur de l'Athletic Bilbao, l'Espagnol Angel Maria Villar Llona, 65 ans, était quant à lui désigné par les statuts de l'UEFA pour prendre la place de Michel Platini. Mais l'instance européenne a indiqué par voie de communiqué jeudi soir ne pas voir, "à l'heure actuelle", le "besoin" de confier l'intérim à son plus ancien vice-président.

Son comité exécutif a motivé sa décision en se disant "conscient" que son président Michel Platini "va immédiatement prendre les mesures nécessaires pour faire appel de la décision du comité d'éthique de la Fifa".

Une source proche du dossier avait auparavant précisé à l'AFP que, si Villar Llona devait présider en cas de réunion importante, la gestion des affaires courantes aurait de toute manière échu au secrétaire général de l'instance, Gianni Infantino.

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(AFP)

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