Publié

footFifa - L'Américain Chuck Blazer, l'informateur du FBI, suspendu à vie (PAPIER GENERAL)

Par Eric BERNAUDEAU Lausanne, 9 juil 2015 (AFP) - L'Américain Chuck Blazer, 70 ans, ancien secrétaire général de la Concacaf et ex-membre du Comité exécutif de la Fifa, informateur-clé du FBI dans le scandale de corruption qui secoue l'institution, a été suspendu à vie par la Fédération internationale de football.

M. Blazer, qui a collaboré depuis 2011 avec la justice américaine et a reconnu avoir touché des pots de vin portant sur des millions de dollars, "s'est rendu régulièrement et à plusieurs reprises coupable de nombreux actes de mauvaise conduite alors qu'il occupait différentes hautes fonctions au sein de la FIFA et de la CONCACAF", explique la comission d'éthique de la Fifa. Ancien allié du président démissionnaire Sepp Blatter, l'Américain "a joué un rôle clé dans des activités d'offre, d'acceptation, de versement et de réception de paiements dissimulés et illégaux, de pots-de-vin et de dessous-de-table", détaille encore la commission d'éthique, présidée par l'Allemand Han-Joachim Eckert. La décision de le suspendre à vie a été prise sur la base des enquêtes menées par la chambre d'instruction de la Commission d'Éthique en réponse au rapport final de la commission d'éthique de la CONCACAF et aux derniers faits présentés par le Bureau du procureur général américain du district est de New York, précise encore la Fifa. Informateur-clé dans le scandale de corruption de la Fifa, Blazer avait commencé à coopérer avec les autorités américaines en décembre 2011, alors même qu'il était membre du comité exécutif. Il a raconté les pots-de-vin pour les attributions des Coupes du monde 1998 et 2010, les rétro-commissions demandées aux diffuseurs pour recevoir l'exclusivité d'un tournoi, les sociétés fictives et les commissions qui lui ont valu le surnom de "Monsieur 10%". Il aurait même enregistré avec un porte-clef-micro fourni par le FBI, la police fédérale américaine, des conversations compromettantes avec de hauts dirigeants de la Fifa durant les JO-2012 de Londres. Son accord de coopération précise aussi qu'entre 2005 et 2010, Blazer, qui à l'époque menait la grande vie, voyageant en jet privé et possédant plusieurs propriétés de luxe, avait omis de déclarer au fisc américain plus de 11 millions de dollars (9,98 millions d'euros). Il a accepté, selon ces documents, la confiscation d'1,95 million de dollars (1,76 million d'euros) "représentant une partie des pots-de-vins et commissions occultes" qu'il a reçus. Il avait plaidé coupable en novembre 2013 de dix chefs d'accusation, dont racket, virements frauduleux, blanchiment d'argent, évasion fiscale et corruption, passibles au total de 100 ans de prison. Mais cette peine sera réduite s'il respecte son accord. Le 27 mai dernier, les autorités judiciaires américaines avaient annoncé 14 inculpations contre des responsables et partenaires de la Fifa. Les 47 chefs d'inculpation retenus contre neuf responsables de la Fifa, dont deux vice-présidents, et contre cinq partenaires les accusent de complot de racket, fraude et blanchiment sur une période de 25 ans. Pendant ce quart de siècle, ces responsables du football mondial auraient "sollicité et reçu plus de 150 millions de dollars en pots-de-vin et rétrocommissions" en échange notamment des droits médiatiques et marketing pour les tournois internationaux de football, selon les autorités américaines. Sept hauts responsables de la Fifa, arrêtés le même jour à Zurich et toujours détenus, sont sous le coup d'une demande d'extradition des autorités américaines. Outre Chuck Blazer, trois autres personnes ont plaidé coupable dans ce dossier, dont deux fils de Jack Warner, ancien vice-président de la Concacaf et membre du comité exécutif de la Fifa, l'une des personnes arrêtées à Zurich. Face à ce scandale sans précédent, M. Blatter, malgré sa réélection cinq jours plus tôt, a annoncé début juin qu'il démissionnait mais restait en poste jusqu'à la tenue d'un congrès extraordinaire et l'élection d'un nouveau président, afin d'entamer des réformes. La date de ce congrès électif, qui doit se tenir à Zurich entre décembre et février prochain, sera annoncée le 20 juillet lors d'un comité exécutif extraordinaire. ebe/cyb

(AFP)

Ton opinion