France – Figure de la Résistance privée de pension car on la croit morte
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FranceFigure de la Résistance privée de pension car on la croit morte

La célèbre Madeleine Riffaud, journaliste et écrivaine, a appris que le ministère des Anciens combattants la pensait décédée. À tort, évidemment.

par
Michel Pralong
La carte d’ancienne combattante de Madeleine Riffaud.

La carte d’ancienne combattante de Madeleine Riffaud.

DR

Madeleine Riffaud est une figure de la Résistance française. Après la guerre, elle fut connue pour être devenue grand reporter, puis écrivaine. Cette année, elle est revenue sous les feux de la rampe à l’occasion de la sortie du premier tome d’une trilogie BD qui lui est consacrée, «Madeleine, Résistante», de Jean-David Morvan et Dominique Bertail. Un album qui a trouvé beaucoup d’échos dans la presse et notamment dans lematin.ch.

Mais il faut croire qu’au ministère des anciens combattants, on ne lit pas de BD. Et qu’on suit peu l’actualité. Car voilà que Madeleine Riffaud a appris récemment que, pour eux, elle était morte. «Ils disent que je n’ai plus le droit à ma pension militaire et qu’ils ont arrêté de me payer depuis plusieurs mois, selon une dame très sympathique y travaillant, qui m’a appelée en s’en rendant compte» peut-on lire dans un message posté sur les réseaux sociaux avec l’aide de celui qui est devenu un ami, le scénariste de la BD, Jean-David Morvan.

Ils lui redemandent sa carte

Évidemment, Madeleine est bien vivante, à 97 ans. Mais son dossier serait arrivé à «expiration» avant que, elle, n’expire. Pourquoi, comment? Mystère! Mais les tracas administratifs ne se sont pas arrêtés là puisque le ministère, même s'il a constaté que la grande résistante était encore d’attaque, lui a demandé son numéro de carte d’ancienne combattante pour qu’il continue à lui verser la pension à laquelle elle a droit. «Je ne sais pas pourquoi, puisqu’ils me payaient avant, c’est qu’ils ont toutes les informations».

Cette carte, Madeleine ne sait plus où elle est. Heureusement, Jean-David Morvan avait fait une copie d’écran de ladite carte qui apparaissait dans un reportage des années 1970 consacré à Madeleine. «C’est l’avantage de faire le boulot de documentation correctement», nous dit en souriant l’auteur. «Mais quand même, je me demande comment des gens moins médiatiques que Madeleine s’en sortent dans des histoires comme ça… C’est triste, dans le fond, ça me fait dire qu’on a fait bien plus qu’une BD, vu ce que ça peut déclencher».

Madeleine va donc envoyer cette image de sa carte aux Anciens combattants «en disant que je suis bien en vie. Et je compte sur vous pour le confirmer, au besoin», écrit-elle. Elle pourra ainsi, on l’espère, à nouveau recevoir sa pension, d’autant plus qu’elle aurait dû même avoir une pension d’officier. Le colonel Henri Rol-Tanguy, qui fut l’un des chefs de la libération de Paris à laquelle participa Madeleine, la fit en effet lieutenant. Mais quand le général Leclerc partit avec son armée aux trousses des Allemands, ce dernier refusa que la jeune femme, mineure (elle avait tout juste moins de 21 ans, âge de la majorité à l’époque), fasse partie de ses troupes. Et Madeleine, avec le fort caractère qu’elle a, déchira ses papiers d’officier. de rage, se privant ainsi plus tard d’une pension qui aurait été plus confortable.

«Je suis bel et bien en vie», s’amuse Madeleine Riffaud.

«Je suis bel et bien en vie», s’amuse Madeleine Riffaud.

Éditions Dupuis
Le premier tome de la trilogie BD consacrée à Madeleine.

Le premier tome de la trilogie BD consacrée à Madeleine.

Dupuis

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