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Ski alpinFilmer la descente de Yanqing est une épreuve olympique 

Comme depuis les Jeux olympiques 2006 à Turin, c’est la SSR qui produira les images du ski alpin aux JO de Pékin. En Chine, les conditions transforment cette mission en opération commando. 

par
Sylvain Bolt
(Yanqing)
Un défi logistique est proposé au réalisateur de la SSR Beni Giger et son équipe.

Un défi logistique est proposé au réalisateur de la SSR Beni Giger et son équipe.

Reuters

Beat Feuz et Marco Odermatt auront notamment des adversaires autrichiens dimanche lors de la descente olympique (4h du matin) qui va ouvrir les compétitions de ski. Si le duel face à Mayer ou Kriechmayr reste ouvert sur la piste,  la lutte austro-suisse est déjà réglée en coulisses. 

Depuis les Jeux de Turin en 2006, c’est en effet à chaque fois la SSR qui a été préférée aux Autrichiens d’ORF par le CIO pour la production des images de ski alpin.

Le 7 décembre dernier, six camions de la SSR (4 camions matériels 2 cars régie) ont rejoint le port de Barcelone depuis Zurich et Genève. Un bateau les a emmenés jusqu’à Pékin où ils sont arrivés le 16 janvier.

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Plusieurs tonnes de matériel dont notamment cinquante caméras et deux drones ont fait le long voyage vers la Chine dans les véhicules de la SSR, qui sont parqués sous l’arrivée de la télécabine de Yanqing. 

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Pour filmer le Lauberhorn, la SSR n’utilise pourtant que 22 caméras. «À Wengen, je peux me permettre d’avoir une seule caméra si un skieur chute sur un secteur de la piste. Pas aux JO, où il faut au moins deux ou trois angles», justifie Beni Giger, réalisateur à la SRF et directeur des opérations. 

Repérage sur des images de drone 

Le St-Gallois est fidèle au poste depuis l’édition de Turin 2006. «Mais jamais je me suis retrouvé face à un tel challenge, confie-t-il. Je suis allé qu’une seule fois en Chine, en juillet dernier, contre deux ou trois voyages minimum pour les dernières éditions. Du coup, j’ai travaillé  sur la base d’une vidéo d’un drone que j’ai visionnée une centaine de fois. C’est ce qui m’a permis d’imaginer le placement des caméras.»

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Arrivé en Chine le 19 janvier déjà, Beni Giger a été confronté à deux autres défis qui compliquent sérieusement la mission: la crise sanitaire et les conditions météorologiques. Le chef d’orchestre, à la tête de 125 professionnels venus de Suisse, doit déplorer de nombreux forfaits.

«Entre les cas positifs avant de partir et ceux ici à Yanqing, environ 10% de l’équipe a été touchée, explique Aurélien Vallotton, réalisateur de la RTS qui oeuvre sous les ordres de Beni Giger en Chine. Cela peut paraître peu, mais dès qu’un poste clé est touché, cela complique énormément nos opérations.»

Les caméramans sont congelés

Aurélien Vallotton est responsable des dix caméras situées sur la partie intermédiaire de la piste. Un de ses collègues s’occupe du sommet et du bas du tracé et un troisième employé de la SSR est chargé de filmer la cérémonie protocolaire. Beni Giger, en véritable chef d’orchestre, s’occupe de coordonner le tout et de raconter par l’image la descente olympique du 6 février.

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En plus des contraintes sanitaires liées au Covid-19, l’équipe de réalisation de la SSR doit faire face au challenge du vent, qui fait encore chuter le thermomètre de quelques degrés dans le négatif (température ressentie de -22 degrés au départ du 2e entraînement vendredi).  «Les caméramans sont congelés et il est parfois difficile de tenir un plan en raison des rafales», précise le réalisateur lausannois.

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Ces épreuves ne découragent pourtant pas les Helvètes qui vont réaliser les images des épreuves de ski alpin et la descente ne sera pas proposée en noir et blanc. «On a dû renoncer à quelques ralentis mais on assurera notre mandat», rassure le réalisateur romand, qui espère aussi que les athlètes suisses skieront aussi bien qu’ils seront filmés. 

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