23.09.2015 à 18:34

Scandale VWFin de carrière abrupte pour «M. Qualité»

Le patron démissionnaire de Volkswagen, Martin Winterkorn, connu pour son perfectionnisme, disait connaître «chaque vis» de ses voitures. Bien mal lui en a pris.

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Nouvelle ère pour les constructeurs automobiles et les consommateurs européens : vendredi entre en vigueur un protocole d'homologation des véhicules neufs plus sévère, qui remplace un processus discrédité par le scandale des moteurs diesel truqués. (Mercredi 30 août 2017)

Nouvelle ère pour les constructeurs automobiles et les consommateurs européens : vendredi entre en vigueur un protocole d'homologation des véhicules neufs plus sévère, qui remplace un processus discrédité par le scandale des moteurs diesel truqués. (Mercredi 30 août 2017)

AFP
Dieselgate: le président d'auto-suisse François Launaz estime qu'il Il faut éviter d'empirer la situation avec des mesures d'interdiction. (15 août 2017)

Dieselgate: le président d'auto-suisse François Launaz estime qu'il Il faut éviter d'empirer la situation avec des mesures d'interdiction. (15 août 2017)

Keystone
Jusqu'à présent, les fabricants d'automobiles ne devaient faire tester leurs véhicules qu'en conditions de laboratoire. Les résultats ne reflétaient alors que peu leurs véritables émissions. A partir du 1er septembre, des réglementations strictes entreront en vigueur en Europe et en Suisse. (Dimanche 13 août 2017)

Jusqu'à présent, les fabricants d'automobiles ne devaient faire tester leurs véhicules qu'en conditions de laboratoire. Les résultats ne reflétaient alors que peu leurs véritables émissions. A partir du 1er septembre, des réglementations strictes entreront en vigueur en Europe et en Suisse. (Dimanche 13 août 2017)

Keystone

Martin Winterkorn, qui a annoncé mercredi sa démission, était aux commandes du mastodonte automobile Volkswagen depuis 2007. Le scandale du trucage des moteurs diesel vient chambouler la fin de carrière de ce technicien tatillon surnommé «M. Qualité».

Connu pour son perfectionnisme, Martin Winterkorn a souvent fait trembler ses ingénieurs en auscultant de près chaque nouveau modèle avant son lancement. «Je connais chaque vis de nos voitures», se plaisait-il à dire.

Une affirmation qui s'est finalement retournée contre lui. Les responsabilités dans le scandale qui a vu le groupe truquer des moteurs diesel sont en cours d'évaluation. Mercredi, pris dans les turbulences, Martin Winterkorn a annoncé sa démission, en précisant que VW avait besoin d'un «nouveau départ».

Duel en coulisses

Jusqu'à récemment, l'ingénieur de formation aux cheveux gris et lunettes fines apparaissait en position de force au sein du groupe. Un duel en coulisses l'avait opposé, au printemps, à son ancien mentor, Ferdinand Piëch.

C'est à ce dernier, petit-fils de l'inventeur de la Coccinelle Ferdinand Porsche et «patriarche» de Volkswagen, que Martin Winterkorn, 68 ans, doit son ascension au sein de ce fleuron de l'industrie allemande.

Né le 24 mai 1947 près de Stuttgart, fief du constructeur Daimler, l'actuel patron du groupe Volkswagen est entré chez Audi, en 1981, comme assistant à la direction de la qualité après des études en physique des métaux. Il a fait ses premiers pas professionnels chez l'équipementier Bosch.

Repéré par Ferdinand Piëch, il gravit les échelons au sein de la marque aux anneaux. Puis, il devient responsable de la division qualité du groupe Volkswagen en 1993 à la demande de son maître à penser.

En 1996, il est nommé directeur du développement technique pour la marque Volkswagen. Puis Martin Winterkorn assure, entre 2000 et 2002, la fonction de directeur de la recherche et développement pour l'ensemble du groupe, avant de revenir chez Audi en tant que chef de la marque.

Résultats financiers record

Depuis son arrivée à la tête du groupe Volkswagen en 2007, avec Ferdinand Piëch comme président du conseil de surveillance, cet amateur de football relativement discret a enregistré de nombreuses réussites. Il a transformé le groupe en un géant à douze marques, parmi lesquelles Audi, Porsche et Seat pour les voitures mais aussi MAN et Scania pour les camions et Ducati pour les motos.

En 2014, l'entreprise de Wolfsbourg a signé des résultats financiers record, avec un bénéfice net de près de 11 milliards d'euros (12,1 milliards de francs au cours actuel). Son chiffre d'affaires a atteint environ 202 milliards d'euros.

Mieux, elle est parvenue au premier semestre à doubler le numéro un mondial des ventes, le japonais Toyota. Elle nourrissait cette ambition pour 2018 seulement.

«Meilleur» patron possible

Mais Martin Winterkorn, patron le mieux payé d'Allemagne, est aussi pointé du doigt pour certains manquements: l'absence de voiture à bas coût dans l'escarcelle du groupe, les difficultés de la marque phare Volkswagen en Chine depuis peu et aux Etats-Unis depuis plusieurs années. Sans oublier une trop grande concentration des prises de décisions.

Désavoué en avril par son père spirituel pour une raison inconnue, le sexagénaire est sorti grand vainqueur de la lutte de pouvoir avec Ferdinand Piëch. Ce dernier a été contraint à démissionner de toutes ses fonctions au sein du groupe.

Alors adoubé «meilleur» patron possible pour Volkswagen par les membres les plus influents du conseil de surveillance, Martin Winterkorn devait théoriquement voir son contrat prolongé de deux ans, jusqu'à 2018, ce vendredi.

Mais les incertitudes concernant son avenir se sont amplifiées depuis la révélation de la duperie du groupe, qui a mis en place un logiciel sur 11 millions de voitures diesel dans le monde pour falsifier leur niveau d'émissions polluantes. La manoeuvre a porté un grave préjudice à l'image policée du groupe.

(ats)

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