12.10.2020 à 11:02

FranceFin de vie: Alain Cocq ira «jusqu’au bout cette fois»

Un mois après une tentative avortée, le Français, atteint d’une maladie incurable, a une nouvelle fois renoncé à tous soins.

Le 5 septembre, Alain Cocq (ici en août dernier) avait commencé à se laisser mourir mais plusieurs jours de souffrances «insupportables» avaient entraîné la reprise de son traitement.

Le 5 septembre, Alain Cocq (ici en août dernier) avait commencé à se laisser mourir mais plusieurs jours de souffrances «insupportables» avaient entraîné la reprise de son traitement.

AFP

Le Français Alain Cocq, atteint d’une maladie incurable et militant de l’euthanasie, a une nouvelle fois renoncé lundi à tous soins, alimentation et hydratation, plus d’un mois après une première tentative avortée. «Cette fois-ci, j’irai jusqu’au bout», a-t-il déclaré en référence à sa première tentative, le 5 septembre. Ce jour-là, Alain Cocq avait commencé à se laisser mourir mais plusieurs jours de souffrances qu’il disait «insupportables» avaient entraîné son hospitalisation et la reprise de son traitement.

Quiproquo

L’hôpital «m’a proposé de soulager mes douleurs, ce que j’ai accepté: il y a eu un quiproquo car eux ont compris qu’il fallait reprendre l’hydratation et l’alimentation», avait expliqué samedi Alain Cocq dans une intervention depuis son lit médicalisé par visioconférence à l’assemblée générale de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), qui s’est tenue à Dijon (est). «Cette fois-ci, c’est clair: je me suis fait aider d’un avocat pour signifier par courrier au Samu (services d’urgence, ndlr) et à l’hôpital me laisser mourir», avait-il précisé.

L’avocat en question est François Lambert, neveu de Vincent Lambert, un infirmier en état végétatif décédé en juillet 2019 après une sédation profonde qui avait déchiré la famille pendant plusieurs années.

Dans une lettre listant ses dernières volontés, écrite avec l’aide de François Lambert, Alain Cocq affirme «clairement et solennellement: si je demande de l’aide à tel ou tel moment au monde médical, cela ne voudra aucunement dire que je veux vivre». «Cela voudra dire que je ne peux plus tenir face à la souffrance et que je veux bénéficier d’une sédation profonde et continue», poursuit-il.

Interrogé par l’AFP, François Lambert a estimé que, «selon lui», cette lettre empêchait toute autre intervention que la sédation profonde. «J’espère que, cette fois-ci, il n’y aura pas débat», a ajouté l’avocat.

Pas de direct Facebook de l’agonie

Alain Cocq, 57 ans, a ajouté qu’il renonçait cette fois-ci à retransmettre en direct son agonie sur sa page Facebook ou un autre site. La plateforme internet avait bloqué le 5 septembre la diffusion en vidéo de son agonie après seulement quelques heures de direct.

Alain Cocq estime ne plus avoir une vie «digne» en raison d’une maladie très douloureuse qui le cloue au lit. Il milite pour l’autorisation du suicide assisté, qu’il considère comme un «soin ultime». Une loi française sur la fin de vie, adoptée en 2016, autorise la sédation profonde mais seulement pour les personnes dont le pronostic vital est engagé «à court terme».

(AFPE)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!