Suisse: Fini la clandestinité des jeux d'argent
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SuisseFini la clandestinité des jeux d'argent

Les tournois de poker seront bientôt autorisés. Mais les joueurs s’inquiètent encore des conditions.

par
Sandra Imsand
Edouard Curchod

«Le signal est positif. Il allait dans le sens de ce que nous avions demandé.» Mathias Reynard (PS/VS) avait soutenu en 2012 une motion de Lukas Reimann (UDC/SG) demandant la légalisation des tournois de poker. Hier, le Conseil fédéral a intégré cette légalisation dans son nouveau projet de loi sur les jeux d’argent, qui remplacera celles régissant les casinos et les loteries. Cette loi prévoit aussi l’exonération de tous les gains liés aux jeux d’argent (actuellement, seuls les gains des loteries et des paris professionnels sont imposés), ainsi que l’autorisation des e-casinos. La légalisation des tournois de poker est soumise à plusieurs conditions: faibles mises de départ, possibilités de gains réduites et l’obtention d’une autorisation cantonale par l’organisateur. De plus, la totalité de la mise devra être reversée aux joueurs.

Le montant de la mise à définir

Un aspect qui réjouit les joueurs occasionnels, dont fait partie Mathias Reynard: «Le poker sans une petite mise d’argent, ce n’est pas pareil.» Mais quel est le montant d’une «petite mise»? Pour l’heure, impossible de le savoir. Selon Michel Besson, de l’Office fédéral de la justice, rien n’a été fixé pour le moment, tout sera clarifié dans l’ordonnance d’application. Du côté des cercles des joueurs, c’est justement ce chiffre qui est attendu avec impatience et qui permettrait de relancer ou non les clubs de poker dans le pays. «Il faut que ce montant corresponde à la réalité, à savoir le prix d’un beau concert, explique un joueur du circuit romand qui tient à l’anonymat. Si la limite est trop faible, soit entre 30 et 50 fr., cela va relancer la tricherie et la clandestinité.» Selon un consensus dans la communauté des joueurs, 100 fr. seraient une limite faible. Cette loi n’a donc pas fini de faire parler d’elle.

La prévention dans tout ça?

«Ce n’est pas acceptable!» Pour Jean-Félix Savary, secrétaire général du Groupement romand d’études des addictions, le Conseil fédéral faillit à sa responsabilité sociale avec ce nouveau projet de loi. «Alors qu’on assouplit la loi et qu’on change la réglementation, on n’accompagne pas avec des mesures de protection.» Or, avec le lancement des e-casinos, le danger d’addiction est décuplé. «Il est prouvé que les jeux en ligne sont beaucoup plus dangereux que les jeux terrestres!»

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