Golf: Fitzpatrick, au panache
Publié

GolfFitzpatrick, au panache

C'est l'heure du dernier épisode de Tee Time. Avec notamment un beau champion, de la raclette et du Gin To.

par
Jérôme Reynard Crans-Montana

----------

Fitzpatrick, au panache

Il est tout frêle, tout jeune (24 ans), mais il est désormais l'égal du mythique Severiano Ballesteros. Du moins à Crans-Montana, où Matthew Fitzpatrick a confirmé son titre acquis en 2017, dimanche, quarante ans après le doublé de Seve. En enfilant la veste rouge du champion de l'Omega European Masters, l'Anglais (-17 au total) a fêté la cinquième victoire de sa carrière. Grâce à un birdie en play-off face au Danois Lucas Bjerregaard, auteur d'une brillante carte de 63 (-7) lors du quatrième tour.

Un dernier tour durant lequel Fitzpatrick n'a pas tout à fait été aussi impressionnant que vendredi (-6) et samedi (-7), faisant preuve d'un déchet plutôt inhabituel, notamment en première partie de journée (+2 après 6 trous). «En quittant le green du 6, je me suis dit: «Si tu joues -5 sur les 12 derniers trous, tu gagnes ou tu accroches le play-off». C'est ce qui s'est produit, a-t-il expliqué le plus naturellement du monde. Ça fait cinq ans que je viens ici. Je commence à très bien connaître le parcours. Je savais sur quels trous je devais être prudent et sur quels trous je pouvais attaquer dans mon plan de remontée.»

Fitzpatrick a enquillé ses birdies au 7, au 9, au 12, au 15 et au 18. Il a également profité du double-bogey au 14 du Français Mike Lorenzo-Vera, alors leader. En play-off, toujours sur le 18, il a été accompagné par la réussite, avec un rebond heureux dans les arbres sur sa mise en jeu risquée. Mais ne dit-on pas que le chance se provoque? «J'ai volontairement joué sur la gauche pour me donner le meilleur angle d'attaque possible sur le drapeau.» Un mât qu'il a plombé sur son deuxième coup. Avec panache là encore. Le Britannique est un beau champion. «Au moment du bilan du tournoi, c'est un paramètre qui compte», dixit le boss de l'European Masters, Yves Mittaz.

----------

Vivement 2019!

Rory McIlroy (4 titres du Grand Chelem), Sergio Garcia (1 sacre majeur), Tommy Fleetwood (vainqueur du circuit européen en 2017). Ça claque, non? Eh bien ce sera les trois têtes d'affiche de la prochaine édition de l'Open de Crans. C'était dans l'air; c'est officiel depuis dimanche matin. A l'origine de cette possibilité: la refonte du calendrier du Tour américain (déplacement des lucratifs play-off de la FedExCup qui privaient cette année encore le Haut-Plateau des meilleurs européens). «Mais aussi des joueurs qui ont poussé pour qu'on conserve une bonne date (du 29 août au 1er septembre 2019); une date leur permettant de venir jouer», souligne le directeur du tournoi, Yves Mittaz.

A quel prix?

Onéreuse, la mise sous contrat des trois cadors qui participeront à la Ryder Cup dans trois semaines à Paris? Pour McIlroy, on parle généralement d'une prime de participation pouvant atteindre le million. «D'un tournoi à un autre, les joueurs ne sont pas toujours dans la même optique, commente le boss de l'European Masters. Ici, on est loin de ce chiffre. Rory n'a pas signé pour l'argent. Il a signé parce qu'il adore l'endroit et parce qu'il entretient une excellente relation avec notre sponsor principal.»

C'est peu dire qu'on se réjouit de la prochaine cuvée. En gardant à l'esprit que 2020 sera peut-être une autre histoire. «Ce sera une année de Jeux olympiques et de Ryder Cup, à nouveau. Ça représente deux semaines de compétition en plus par rapport à 2019, explique Yves Mittaz. On ne sait pas encore comment sera aménagé le calendrier.»

----------

Jiménez naturalisé

Face à l'absence de joueurs suisses sur le circuit européen, les organisateurs du tournoi avaient mis en place un petit challenge amusant, samedi soir. Un challenge mettant en scène l'Espagnol Miguel Angel Jiménez, les Anglais Lee Westwood et Andrew Johnston ainsi que l'Italien Renato Paratore. Le concept? Faire passer aux quatre golfeurs trois examens qui détermineraient le plus Suisse d'entre eux. Et offrir au vainqueur le passeport rouge à croix blanche, histoire de «sauver le golf helvétique». Tout ça de manière officieuse et ironique, bien sûr.

Les quatre hommes ont dû racler un fromage avec un club, essayé de jouer du cor des Alpes et ils ont terminé par un concours façon Guillaume Tell, wedge en main et pomme posée sur la tête d'un mannequin. Grand vainqueur de l'épreuve: Miguel Angel Jiménez. Battu, Andrew «Beef» Johnston se consolera au Gin tonic dans un bar bien connu de la station.

----------

Les Suisses brillent... ailleurs

Si aucun Suisse n'a franchi le cut de l'Open de Crans, c'est en partie parce que les deux meilleurs joueurs du pays, Joel Girrbach et Marco Iten, étaient absents car engagés sur le Challenge Tour (2e division), cette semaine. Plus précisément à Luton, en Angleterre, où tous les deux ont terminé parmi les 20 premiers. Avec sa carte de 64 (-7), dimanche, Girrbach s'est classé au 12e rang final (-13), se rapprochant du même coup du top 15 de l'ordre du mérite (il est 24e). Un top 15 qui ouvrira les portes de l'European Tour en fin de saison. Il y a de l'espoir.

Votre opinion