Concert: Flagada, Jones?
Publié

ConcertFlagada, Jones?

Sans limite, Grace Jones a fait son cabaret show samedi soir au Montreux Jazz Festival. Récit.

par
Laurent Fluckiger
1 / 7
Grace Jones, le samedi 8 juillet 2017 à l'auditorium Stravinski.

Grace Jones, le samedi 8 juillet 2017 à l'auditorium Stravinski.

© 2017 FFJM - Lionel Flusin
Il est 22 h 30, un monstre débarque sur scène. Un visage de squelette et une coiffe de plumes à la forme du trône de «Game of Thrones».

Il est 22 h 30, un monstre débarque sur scène. Un visage de squelette et une coiffe de plumes à la forme du trône de «Game of Thrones».

© 2017 FFJM - Lionel Flusin
La chanteuse a changé de costume après quasi chaque morceau...

La chanteuse a changé de costume après quasi chaque morceau...

© 2017 FFJM - Lionel Flusin

C'est samedi soir au Montreux Jazz Festival, et c'est cabaret! Grace Jones, 69 ans, a retourné l'Auditorium Stravinski, sous les yeux émerveillés de Woodkid, notamment. Du point de vue musical, rien à redire sur les musiciens, précis, efficaces. Mais Dame Grace prend tellement de place qu'on envie de raconter à quel point on en a pris plein les yeux. La chanteuse a changé de costume après quasi chaque morceau, tout en continuant à chanter ou à parler en coulisses. Un show exceptionnel.

Il est 22 h 30, un monstre débarque sur scène. Un visage de squelette et une coiffe de plumes à la forme du trône de «Game of Thrones». Il agite sa cape et on découvre un corps entièrement revêtu de peintures tribales. Un corps presque tout nu. Ce démon, c'est Grace Jones mode body painting, dont les tétons pointent fièrement en direction du public. Durant une heure trente elle va ajouter à sa belle silhouette des accessoires, tout en exhibant constamment toutes ses parties «décorées», des épaules aux pieds.

Du pole dance

A présent, c'est telle une lionne qu'elle rampe à terre. Elle revient avec un manteau à franges et un borsalino sur «My Jamaican Guy», levant la jambe au-dessus de la barrière installée sur un podium en fond de scène. Voici qu'un homme, lui aussi quasi nu, se met à faire du pole dance à côté d'elle, tandis qu'on agite des drapeaux à l'effigie de Grace Jones.

A ce moment là on se dit qu'on ne peut imaginer ce qu'elle va faire sur «La vie en rose». Et c'est justement les premières notes qui retentissent, jouées par une guitare sèche. «J'ai chaud», dit Grace Jones en coulisses, puis revient équipée d'un boa rouge et d'un masque avec une longue crinière rouge. Soudain, elle prend l'un des ventilateurs posés sur scène et le serre contre elle!

«On peut partager?»

C'est maintenant vêtue d'une côte de maille, avec deux baguettes à la main, qu'elle tape sur deux cymbales. Les spectateurs sont amusés, intrigués, interloqués même. Grace Jones leur offre bien plus ce dont ils avaient osé imaginer. Alors, elle se fait taquine: «Alalalalala! Est-ce que je peux avoir quelque chose pour me sécher», dit elle en revenant sur scène cette fois avec une immense jupe bleue et noire qui virevolte et une sorte de coiffe de nonne en feutre. «On peut partager?» demande-t-elle de façon aguicheuse à quelqu'un du public en s'épongeant avec une serviette. «Est-ce qu'il y a des enfants?» Se reprend elle en plaisantant. Et c'est le tube «I've Seen That Face Before (Libertango)» qui retentit puis elle fait virevolter sa jupe, la levant pour montrer ses fesses.

Dramaturgie extrême

On atteint l'heure de concert. «Vous me rendez heureux!» dit Grace Jones, cette fois revenant en veuve, des volants plein la tête et la jupe, pour entonner «William's Blood». Et poursuit par «Amazing Grace» dans la dramaturgie la plus extrême, feignant même de pleurer. Changement de tenue! C'est maintenant avec un chapeau melon à paillettes qu'elle se place sous un faisceau de lasers qui la fait étinceler. A présent, avec une longue crinière blanche qu'elle fait voler de tous les côtés, elle déclenche sur le public une pluie de confettis.

Mais ce n'est pas fini! Grace Jones est de retour avec plein de cerceaux multicolores autour du cou et un autre à la main. Elle se met à faire du hula hoop sur «Slave to The Rythm». Le cerceau tourne, tourne, tourne et ne retombe jamais. Comme notre esprit durant ce show incroyable de Miss Jones.

Votre opinion