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ElectionsFlambée de violences lors d'un scrutin au Bangladesh

Le Bangladesh a été dimanche le théâtre d'une nouvelle flambée de violence qui a fait 18 tués.

AFP

Des centaines de bureaux de vote ont été incendiés à l'occasion des élections législatives, boycottées par l'opposition au Bangladesh.

Le résultat du scrutin ne faisait aucun doute, l'Awami League (au pouvoir) et ses alliés se présentant sans adversaires dans 153 circonscriptions sur 300. Concernant les sièges restants, le parti au pouvoir a remporté 59 sièges et ses alliés 19, selon les premiers résultats.

L'opposition a appelé à une nouvelle grève de 48 heures pour protester contre «la farce électorale» et la répression qui a fait, selon elle, 22 tués dans ses rangs.

«Nous avons appelé à la grève pour que le gouvernement annule cette farce électorale», a dit Sayrul Kabir, porte-parole du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP), principale des 21 formations d'opposition.

50'000 soldats mobilisés

Des milliers d'opposants à la Première ministre Sheikh Hasina Wajed ont incendié ou vandalisé plus de 200 bureaux de vote. Deux des personnes ont été battues à mort en protégeant des bureaux de vote dans des districts du Nord, où l'opposition nationaliste est très implantée.

Les autres victimes de ces heurts sont des militants de l'opposition abattus par les forces de l'ordre et un chauffeur de camion qui a péri dans son véhicule incendié par des assaillants.

Pas moins de 50'000 soldats avaient été mobilisés dans la crainte de nouvelles violences, au terme d'une campagne délétère et des mois de grèves, de manifestations et de blocages qui ont coûté la vie à 150 personnes.

Le Bangladesh a connu l'année dernière les violences les plus meurtrières depuis sa création en 1971, suite à son indépendance du Pakistan. Selon une ONG, elles auraient fait jusqu'à 500 tués.

Pas d'observateurs

Le BNP, dont de nombreux cadres sont en prison ou en fuite, a décidé de boycotter le scrutin pour protester contre la décision de Sheikh Hasina de ne pas suivre la tradition voulant qu'un gouvernement apolitique de transition soit formé avant les élections.

Sheikh Hasina Wajed est assurée d'être reconduite après la décision de sa rivale historique Khaleda Zia de boycotter ces législatives.

Les Etats-Unis, le Commonwealth et l'Union européenne se sont vivement préoccupés des risques d'embrasement dans ce pays de 154 millions d'habitants, rompu aux violences et aux coups d'Etat. Ils ont renoncé à envoyer des observateurs, estimant que les conditions d'un scrutin libre et transparent n'étaient pas réunies.

Participation très faible

La participation pourrait être inférieure à celle de 26 % enregistrée en 1996 lors d'une élection truquée. A Dacca, les électeurs étaient peu nombreux, selon des journalistes de l'AFP sur place. Les bureaux de vote ont fermé à 16h00 et les résultats devaient être connus tôt lundi matin.

La faiblesse de la participation risque de constituer un handicap pour le parti d'obédience socialiste de Sheikh Hasina, qui pourrait être contrainte à un compromis avec sa rivale conservatrice.

Cette crise politique pourrait avoir des répercussions sur le secteur de la confection, qui totalise 80 % des exportations et un chiffre d'affaires annuel de 22 milliards de dollars (19,9 milliards de francs). Il a déjà été malmené par une série de grèves dont une, toujours en cours, a été organisée à l'appel du BNP.

(ats)

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