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boxeFloyd "Money" Mayweather: machine à cash, coups et controverses (PORTRAIT)

Par Jérôme RASETTI Los Angeles, 3 mai 2015 (AFP) - "Je suis né pour gagner", assure régulièrement Floyd Mayweather, fort d'un palmarès sans tache, d'une fortune colossale et d'un ego surdimensionné resté intact samedi soir à Las Vegas, sous les assauts inefficaces du Philippin Manny Pacquiao.

Sportif le mieux payé de la planète, N.1 au très respecté classement toutes catégories du magazine The Ring: chez lui, les coups font défaillir et les chiffres donnent le vertige. Samedi, avant même de poser le pied sur le ring du MGM Grand devant 16.800 spectateurs et des dizaines de millions de téléspectateurs à travers le monde, pour ce qui avait été un peu vite labellisé comme le "combat du siècle", "Money", comme il est surnommé (littéralement, argent), était ainsi assuré de toucher un minimum de 120 millions de dollars, un record. En 2014, il avait empoché la somme déjà colossale de 64 millions de dollars pour deux combats, soit 14.800 dollars par seconde passée entre les cordes! Champion WBA, WBC et désormais WBO des welters, invaincu en 48 combats, dont 26 victoires avant la limite, l'Américain a tous les atours d'un flamboyant millionnaire, les bijoux en or "bling bling", les somptueuses villas à travers les Etats-Unis, les garages remplis de rutilantes berlines de luxe et même l'indispensable jet-privé. "Quand les gens voient ce que j'ai maintenant, ils n'ont aucune idée d'où je viens. Quand j'étais gamin, on dormait à neuf dans une chambre, on n'avait pas l'électricité", rappelle-t-il. Né à Grand Rapids, dans le Michigan, il a vécu dans la pauvreté et a été ballotté entre son père, Floyd Senior, un boxeur d'honnête niveau qui a affronté Sugar Ray Leonard, et sa mère Deborah, alors accro à l'héroïne. Il passe son temps libre dans la salle de boxe voisine, où s'entraînent son père et deux de ses oncles qui ont détenu des titres mondiaux. Et "Little Floyd", véloce et puissant, devient rapidement la terreur des rings, même si sa carrière chez les amateurs se termine par une désillusion: une défaite en demi-finale du tournoi olympique des 57 kg en 1996 à Atlanta. Deux ans après ses débuts pro, en 1998, il devient champion WBC des super-plumes, le premier titre de son impressionnante collection, constituée dans cinq catégories de poids différentes. A son palmarès, il épingle coup sur coup Oscar de la Hoya, Ricky Halton et Juan Manuel Marquez entre 2007 et 2009, mais pas Manny Pacquiao. Il aura donc fallu cinq ans pour que les deux meilleurs boxeurs de leur génération acceptent de se rencontrer. L'issue ne faisait pas de doute pour "Pretty Boy" (ou beau gosse): "Je suis le meilleur boxeur de l'histoire, plus grand que Mohamed Ali", assurait-il ainsi avant de monter sur le ring, avec ce mélange d'assurance et d'arrogance. Et les faits lui ont donné raison. L'Américain de 38 ans, qui raccrochera ses gants à la fin de l'année après un ultime combat à l'automne, a aussi sa part d'ombre. Ses poings, il ne les a pas utilisés que sur les rings: il a frappé violemment d'anciennes compagnes, dont certaines mères de ses enfants. Il a été condamné à plusieurs reprises pour violences conjugales et a même passé 90 jours en prison en 2012. Plus récemment, il a perdu sa licence de promoteur dans le Nevada après avoir été accusé de cruauté envers deux de ses boxeurs, qu'il avait soumis à un entraînement trop intensif. Du coup, Mayweather fait peur aux annonceurs: il ne fait pas, ou plus, de publicité pour une banque ou un réseau de téléphonie mobile, il n'a pas de méga-contrat de partenariat avec un équipementier sportif ou une boisson énergétique, à la différence de la star de la NBA LeBron James. Mais il s'en moque, comme de beaucoup de choses: "Avoir une marque dans mon dos ne change rien à la grandeur de ce que j'ai accompli". jr/ol/gv

(AFP)

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