Jeu vidéo: «For Honor», l'armure est dans le pré

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Jeu vidéo«For Honor», l'armure est dans le pré

Pour la Saint-Valentin, Ubisoft sort un gros jeu avec de gros chevaliers et de grosses épées. C'est du lourd. Etonné?

par
Jean-Charles Canet

Il y a des chevaliers dans «For Honor», mais pas que. Des samouraïs et des vikings aussi.

Après deux bêtas, une fermée, puis une ouverte, les serveurs du jeu «For Honor» ont été nettoyés le week-end dernier pour rouvrir, lundi soir peu après 21 heures. Aujourd'hui, 14 février, jours des amoureux, le très attendu MOBA (pour Multiplayer Online Battle Arena) d'Ubisoft est de sortie officielle.

Proposer le jour de la Saint-Valentin un jeu peuplé de guerriers lourdement équipés et qui expriment leur amour du prochain d'une manière, disons, tranchante ne manque pas d'ironie. Cela permet déjà de s'amuser avec des mots de circonstances, du style «L'armure à mort», «A nos armures», «L'armure est dans le pré» ou, «L'armure, toujours l'armure» et pour cela, on ne remerciera jamais assez Ubi.

Cela dit, «For Honor» est un défi intéressant pour l'éditeur français qui lance son «Arène de bataille en ligne multijoueur» maison (on préfère MOBA, finalement). Un genre qui doit son immense popularité au jeu «League of Legends», lui même ambassadeur de poids de l'e-sport, cette tentative jusqu'ici prometteuse de conduire le jeu vidéo vers la compétition, la performance sportive et même le spectacle.

Toujours en ligne

Mais on s'égare, revenons à «Pour l'honneur». On l'a compris, le jeu, disponible sur PC, Xbox One et PlayStation 4, impose d'être en ligne pour être praticable. C'est dans son ADN mais cela affecte aussi le mode «Histoire» qui, à priori, aurait pu être praticable déconnecté si Ubisoft n'en avait pas décidé autrement. On découvre une introduction vidéo qui pose le décors: depuis la nuit des temps, chevaliers, vikings et samouraïs se battent. Au point que ces nobles peuples ont oublié pourquoi. Mais, là, ici et maintenant, c'est reparti pour un tour. Vient ensuite, la cosmétique habituelle qui consiste à choisir son emblème et lequel des trois camps nous souhaitons soutenir.

Cela fait, un tutoriel fait découvrir les bases de ce jeu de combat sauvagement médiéval (épée, sabre, fléau, marteau...). Comment sélectionner sa cible, comment parer, l'attaque normale, l'attaque lourde, l'art de l'esquive, le coup qui déstabilise, comment prendre un territoire en le débarrassant des ses occupants. Taillées pour le gamepad, les commandes sont judicieusement placées. Elles sont faciles à exécuter, c'est les réflexes et la coordination qui distingueront ensuite les joueurs du dimanche des purs, des durs, des tatoués. On découvre à ce stade que «For Honor» est non seulement un jeu tout à fait haut de gamme en matière de graphismes mais que son gameplay est bourré de finesse dans sa lourdeur.

Le champ des possible

Ce n'est qu'une fois cette formalité passée que l'on accède au menu qui dévoile le champ des possibles. Un champ qui indique bien qu'Ubisoft tente le grand écart entre un mode scénarisé (et que nous avons à peine découvert à cette heure) visiblement destiné aux combattants solitaires peu tentés par les lois et l'esprit de compétition du MOBA et un mode multijoueur dont la partie la plus ambitieuse est massive: des batailles en arène qui au gré des semaines écoulées déterminent la victoire d'un camp sur les autres.

Les quelques parties lancées lundi nous ont fait découvrir un mode de jeu terriblement efficace dans un territoire convoité par deux camps. Il y a les troufions contrôlés par l'intelligence artificielle et, dans chaque camps quatre super guerriers incarnés par des humains en ligne (ou l'IA s'ils viennent à manquer). Le but est de conquérir trois lieux délimités par une lettre sur la carte et de les conserver pour marquer des points plus vite que l'adversaire. Les quatre super guerriers prennent les lieux dits, se débarrassent des fantassins sans grandes difficultés mais se heurtent au métier de leurs homologues ennemis. On frappe, on pare, on triomphe, ou on meurt, on ressuscite ou se fait ressusciter et on repart comme en 14. Le premier camp arrivé à 1000 points (oui, comme dans «Battlefield») met l'autre en mode «Déroute» et doit encore éliminer une dernière fois les quatre gros guerriers adverses qui ne peuvent plus ressusciter. La victoire est à ce prix.

Excellentes bases

A cet autre stade de notre découverte, on se retrouve admiratif devant le travail accompli. «For Honor» semble avoir réussi à être bien plus qu'un jeu de baston. Il n'en reste pas moins nécessaire de laisser le temps au projet de démontrer son intérêt sur le long terme, tant sur le plan de l'équilibrage que du système d'évolution. Autant d'éléments qui ne s'évaluent pas à en 24 heures. Mais pour faire bref, on dira sans hésiter que les bases sont suffisamment fermes pour que les fans de MOBA ne se sentent pas floués.

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