Performance Days: Ford a présenté une reine et une barbare
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Performance DaysFord a présenté une reine et une barbare

Lors d’un événement unique et exceptionnel, la presse européenne a pu prendre le volant de deux mythes made in USA. Nous y étions.

par
Philippe Clément
Clermont-Ferrand (F)
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Les portes à ouverture en élytre de la Ford GT sont spectaculaires.

Les portes à ouverture en élytre de la Ford GT sont spectaculaires.

Thomas Cortesi/LMD
Le siège est fixe: ce sont les pédales et le volant qui peuvent se régler!

Le siège est fixe: ce sont les pédales et le volant qui peuvent se régler!

Thomas Cortesi/LMD
L'imposant aileron arrière actif sert à la fois d'appui aérodynamique et d'aérofrein.

L'imposant aileron arrière actif sert à la fois d'appui aérodynamique et d'aérofrein.

Thomas Cortesi/LMD

Bluffante! Absolument bluffante! Croyez-nous sur parole, le premier contact avec la fabuleuse Ford GT, créée par la marque pour célébrer le 50e anniversaire du succès de son ancêtre éponyme au Mans est un moment inoubliable.

Monstre de carbone et de métal scotché à la route, auquel on accède par de spectaculaires portes à ouverture en élytre, cette voiture est une véritable œuvre d’art sur roues. Imposante et fluide, racée et élégante, elle magnétise le regard. Littéralement. Mais nous ne sommes pas venus sur la piste d’essai de Michelin à Ladoux, à côté de Clermont-Ferrand pour la regarder: il est temps de monter à bord et de l’emmener pour un petit galop d’essai. Histoire de voir ce dont ce missile sol-sol est capable. Casque et «hans» enfilés, le premier défi consiste à monter à bord. Ou, plutôt, à… descendre à bord: le toit «culmine» à un mètre du sol seulement!

Ensuite, on lance le moteur: un rugissement sourd couvre instantanément la voix de l’instructeur. Les ingénieurs acousticiens ont fait du très bon travail. Troisième étape: passer en mode «track», via une molette qu’il faut tourner sur la gauche du volant. Et là, surprise: on descend encore de 5 centimètres! La suspension vient de passer en configuration course.

Quatrième étape: passer la première et se lancer. Le reste, tout le reste, se passera dans une sorte de déchirure de l’espace-temps. Tout va aller vite, très vite, trop vite. Trois tours de circuit plus tard, on se demande si on n’a pas rêvé. Rêvé cette maniabilité démoniaque, rêvé ce freinage hallucinant, rêvé ces accélérations de folie et ces prises d’appui défiant les lois de la physique. Rêvé ce 228 qui s’est brièvement affiché, sur une piste pourtant faite d’enchaînement de virages piégeux. Rêvé qu’on a fait tout ça, finalement, avec une facilité déconcertante.

Trois petits tours et puis s’en retourne au box. C’était court, très court, trop court. Suffisant, pourtant, pour entrevoir un potentiel absolument faramineux. Ce que confirme notre instructeur: «C’est une vraie voiture de course! Une voiture homologuée pour la route, certes, mais dérivée directement de la voiture de compétition. À son volant, plus tu la pousses, plus tu découvres qu’elle peut aller encore plus loin.» On se sera arrêtés après trois tours, très loin d’avoir découvert ses secrets. Mais c’est certain, cet engin gravite sur une orbite où seules les supercars ont droit de cité.

Shelby GT350R Mustang: la Mustang de série la plus puissante jamais construite

Seconde voiture en test lors des «Performance Days»: la Shelby GT350R Mustang. Un engin jaune canari, à l’esthétique agressive semblant surgi d’une nouvelle version de «Mad Max». Plus puissante Mustang de série jamais construite, cette Shelby – en hommage au préparateur Carroll Shelby (1923-2012) qui consacra son génie à booster des voitures de série – GT350R cache bien son jeu.

Ce ne sont pas 350, mais bien 526 chevaux qui piaffent dans son V8, prêts à s’emballer! On en a eu la confirmation lors de deux tours de «taxi» à bord du monstre, conduit par Olivier Pla, pilote pro chez Ford endurance pour qui il pilote la GTE Pro. De notre expérience, les muscle cars américaines ont toujours été plus réputées pour leur côté dragster que pour leur tenue de route.

On se souvient encore d’un spectaculaire tête-à-queue avec une Dodge Viper sur le circuit de Las Vegas, ou de quelques dérapages fort peu contrôlés avec l’une ou l’autre Mustang dont le potentiel d’accélération était inversement proportionnel à la rigidité du châssis. Rien de tel ici: la voiture a littéralement «collé» à la piste. Grâce au talent de son pilote, à la qualité des gommes spécialement développées pour elle et à son équilibre général. Mais ne rêvez pas: cette GT350R, construite en série limitée, n’est malheureusement pas importée en Suisse.

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