26.07.2013 à 15:00

AutoFormule 1 - Marussia, Sauber, Sotchi, les Russes accélèrent... (MAGAZINE)

Par Daniel ORTELLI BUDAPEST, 26 juil 2013 (AFP) - Les investisseurs russes, après l'immobilier et le football entre autres domaines d'activité, sont en train d'étendre leur influence à la Formule 1: en plus de l'écurie Marussia, présente depuis 2010, ils viennent de sauver Sauber et d'annoncer la date du Grand Prix de Sotchi.

Sauber AG, fondée par l'inusable Peter Sauber, 70 ans, se trouvait dans une "situation difficile", de l'aveu même de ses responsables, mais semble sauvé par un triple partenariat avec l'Institut national des technologies de l'aviation (NIAT), le Fonds international de coopération et d'investissement (ICIF) et le Fonds d'Etat pour le Développement de la Fédération du Nord-Ouest de la Russie. Le président du NIAT se trouve être le père d'un jeune pilote russe, Sergey Sirotkin, que Sauber va "préparer pour devenir titulaire en 2014". L'écurie suisse survivait depuis deux ans, dans l'univers hautement concurrentiel de la F1, grâce à des fonds mexicains apportés par Carlos Slim, l'homme le plus riche du monde, pour financer les débuts en F1 de Sergio Pérez, parti cet hiver chez McLaren. A nouveaux investisseurs, nouveau pilote. Sirotkin, 17 ans, court en Formule Renault 3.5, une catégorie proche du GP2, après avoir été champion de Formule Abarth en Italie et avoir couru en AutoGP. "Je suis encore un peu jeune, mais ça ne veut pas dire que je ne pourrai pas être prêt en 2014. J'ai plus de six mois pour apprendre", a dit Sirotkin au magazine Autosport. Au sein du "Piranha Club", l'un des surnoms courants de la F1, Sauber doit investir lourdement dans la préparation de la saison 2014, à cause du changement de réglementation technique et de l'arrivée de nouveaux moteurs turbo hybrides qui vont coûter très cher. Sauber continuera à utiliser des blocs Ferrari et bénéficiera des compétences du NIAT, qui se dit "à la pointe de la recherche scientifique en Russie". Les Russes préfèrent Ferrari Comme Sauber, Marussia (ex-Virgin) a annoncé récemment un partenariat avec Ferrari à partir de 2014. Il devrait permettre à l'écurie toujours financée par Nikolaï Fomenko, un ex-chanteur et animateur devenu constructeur de GT hors de prix, de passer un cap, en abandonnant ses moteurs Cosworth trop limités en performance. Et à Ferrari de vendre encore plus de voitures en Russie. Enfin, comme l'heure est aux synergies tous azimuts, le partenariat entre Sauber et ses sauveurs russes est aussi destiné à faire la promotion du sport automobile en Russie, et notamment du fameux GP de Sotchi, voulu par Vladimir Poutine, dont la date officieuse est désormais connue: ce sera a priori le 19 octobre 2014, a fièrement annoncé cette semaine son promoteur, Oleg Zabara. Le circuit, tracé dans le parc olympique des prochains Jeux d'hiver, est quasiment terminé, il a été visité et parcouru récemment par le triple champion du monde allemand, Sebastian Vettel. Comme cette station balnéaire est la préférée de Poutine, tsar absolu de la Russie moderne, rien n'est trop beau ou trop cher pour que son rêve se réalise. Avec deux écuries sous contrôle et bientôt un Grand Prix au calendrier, les Russes n'auront plus d'excuse s'ils ne s'intéressent pas à la F1. D'autant qu'il y a de plus en plus de points communs avec le football qu'ils adorent: Sauber est partenaire depuis l'an dernier du Chelsea FC de Roman Abramovitch. Sauf que le milliardaire russe, a priori, n'a pas investi pour sauver l'écurie suisse. dlo/jcp

(AFP)

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