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autoFormule 1 - Renault Sport F1, un motoriste en quête de revanche (PAPIER D'ANGLE-DOSSIER)

Par Daniel ORTELLI Paris, 10 mars 2015 (AFP) - C'est l'année de la revanche pour Renault Sport F1, après une saison 2014 marquée par les critiques tous azimuts, certaines justifiées, d'autres moins, provoquées par un nouveau moteur V6 turbo hybride indigne de la légende du motoriste français, présent en F1 depuis 1977.

Manque de puissance notable, problèmes de fiabilité, rien n'a été épargné aux écuries clientes de Viry-Châtillon. Finalement, comme l'une d'elles (Caterham) a disparu corps et biens, et commme l'autre (Lotus) est partie dans le camp Mercedes, il n'en reste plus que deux (Red Bull et Toro Rosso). Elles sont très liées car elles ont le même propriétaire, Dietrich Mateschitz. C'était un gros avantage cet hiver, quand Cyril Abiteboul, aux commandes depuis six mois, a mis en place une nouvelle organisation et défini l'objectif prioritaire: "Etre agressif dans le développement, quitte à prendre des risques", pour satisfaire un client (Red Bull) déçu de n'avoir terminé "que" vice-champion du monde, après quatre saisons de domination totale. La responsabilité de Red Bull dans la faillite relative de l'an dernier, à cause d'un châssis RB10 moins réussi que d'habitude par le génial Adrian Newey, a permis de repartir sur des bases saines, les torts étant partagés. Et les essais hivernaux, à Jerez et Barcelone, ont montré que tout allait dans le bon sens, autant en termes de performances que de fiabilité. "Le bilan est plutôt positif", résume Abiteboul. "Aujourd'hui, nous avons atteint le niveau visé pour Melbourne, un résultat confirmé en croisant les données recueillies sur les bancs d'essais. La situation est donc prometteuse. Cela dit, tout le monde semble fiable et il faudra compter sur la performance pour aller décrocher de gros points en Australie. Nous abordons le premier rendez-vous de la saison avec sérénité". Abiteboul est d'autant plus serein que le nouveau "Power Unit" (groupe propulseur), baptisé Renault Energy F1-2015, a beaucoup travaillé en Espagne: Red Bull et Toro Rosso ont accumulé plus de 9.800 km, soit l'équivalent de 32 Grands Prix. Une grosse différence avec l'hiver dernier, quand son prédécesseur avait passé plus de temps au stand que sur la piste. Renault Sport F1, comme ses écuries clientes, ne s'est jamais vraiment remis de cette entame catastrophique et il a fallu tout le talent de Daniel Ricciardo pour éviter une déroute historique: trois victoires en plein été, une 2e place de l'écurie au championnat constructeurs, une 3e place pour l'Australien au championnat pilotes. Joli bilan pour un moteur et un châssis moyens. Quelques mois plus tard, l'optimisme est de retour, comme l'explique Rémi Taffin, le directeur des opérations: "Nous sommes satisfaits d'avoir pu réaliser la quasi-totalité de notre programme de travail, à commencer par un roulage le plus important possible pour atteindre une fiabilité optimale. L'un de nos propulseurs a couvert un cycle complet de cinq Grands Prix à Barcelone". "Côté performance, nous aurions aimé disposer d'un peu plus de temps mais nous étions conscients de la situation dès le début, suite à nos choix de développement particulièrement agressifs. Il nous reste donc du potentiel à extraire d'ici Melbourne, notamment en matière de souplesse. Mais la puissance est bel et bien au rendez-vous", affirme Taffin. Cette saison sera d'autant plus cruciale qu'Abiteboul travaille aussi, depuis six mois, sur la poursuite de l'engagement de Renault en F1. Il envisage même, entre autres hypothèses, de refaire une écurie à part entière, en rachetant l'une de celles qui sont actuellement en difficulté. Ce retour aux sources coûterait cher mais garantirait des retombées supérieures. Il ne manquerait pas de panache, 40 ans plus tard. dlo/chc

(AFP)

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