Actualisé

Crise en UkraineFragile accalmie sur la ligne de front

La trêve semble globalement respectée en Ukraine depuis plusieurs jours. Les séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine ont affirmé avoir retiré leurs armes du front dans le cadre des accords de paix de Minsk.

La trêve semble globalement respectée en Ukraine. (Photo d'illustration)

La trêve semble globalement respectée en Ukraine. (Photo d'illustration)

AFP

«Au cours des dernières 24 heures, un soldat a été tué et trois ont été blessés», a déclaré le porte-parole de l'armée ukrainienne Andriï Lyssenko. Les séparatistes «continuent d'ouvrir le feu sur les positions de l'armée gouvernementale(...), mais l'intensité des attaques de provocation menées par les rebelles a fortement diminué depuis hier», a-t-il ajouté.

«Dans l'ensemble on observe un respect des accords de Minsk», a encore souligné le porte-parole dimanche. La veille, il s'était félicité du fait que personne n'avait été tué, ni blessé dans les rangs de l'armée ukrainienne en 24 heures, «pour la première fois depuis des mois».

Dernier jour du retrait

Samedi, le responsable séparatiste Edouard Bassourine affirmait à la presse: «Aujourd'hui c'est le dernier jour du retrait des armes. Nous retirons au total 26 unités de mortier». Huit mortiers de 120 mm ont été emmenés dans une vieille usine de briques qui sert d'entrepôt militaire près de Snijné.

«Nous avons retiré la totalité de nos armes de la ligne du front. L'Ukraine ne l'a pas encore fait», a renchéri le dirigeant de la république séparatiste de Donetsk Alexandre Zakhartchenko, cité par le site officiel séparatiste. Il a menacé de faire revenir les armes sur leurs positions si «Kiev ne remplissait pas ses engagements dans le cadre des accords de Minsk» signés le 12 février.

Samedi, six observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) étaient présents à Snijné, à 90 km du fief rebelle de Donetsk. Ils n'ont fait aucun commentaire sur ce retrait.

Andriï Lyssenko a de son côté dit «ne disposer d'aucune information» sur le retrait rebelle. «Les observateurs internationaux ne nous l'ont pas encore confirmé», a-t-il ajouté. Un autre porte-parole militaire a affirmé que l'Ukraine poursuivait le retrait de ses lance-roquettes multiples Ouragan. Il n'a pas précisé combien de temps ce processus allait encore durer.

Exigences de l'OSCE

Le retrait des armes devrait créer une zone tampon d'une profondeur de 50 à 140 kilomètres, en fonction du type d'équipements, mais il est très difficile à contrôler sur le terrain. L'OSCE a bien observé «des mouvements» sans pouvoir confirmer qu'il s'agissait bien d'un retrait.

«Nous réclamons un inventaire des armes qui existent et une liste des routes empruntées et des lieux où ils comptent conserver les armes», avait dit un porte-parole de l'organisation, Michael Bociurkiw.

Moscou, Kiev et les Européens ont convenu vendredi d'augmenter à mille le nombre d'observateurs internationaux, qui se plaignent toutefois de ne pas pouvoir circuler librement.

Clivage européen

D'autres points de l'accord de Minsk, comme le contrôle par Kiev de la frontière russo-ukrainienne ou l'échange de tous les prisonniers, ne sont pas encore totalement respectés, selon les ministres des affaires étrangères de l'UE réunis à Riga vendredi et samedi.

Les Vingt-Huit ont surtout constaté leur clivage sur les sanctions économiques contre la Russie qui arrivent à échéance en juillet. Les «faucons», emmenés par la Grande-Bretagne, les pays baltes et la Pologne, veulent un renouvellement anticipé, dès ce mois-ci, des sanctions afin de maintenir la pression sur la Russie.

Du côté des «colombes», le Luxembourgeois Jean Asselborn a reconnu que «les sanctions sont un moyen de l'échiquier diplomatique». Mais, a-t-il ajouté, «si on va dans la bonne direction dans l'est de l'Ukraine, il faut aussi réfléchir à (les) renverser». Selon un diplomate à Bruxelles, comme souvent, c'est la chancelière allemande Angela Merkel qui fera pencher la balance.

(ats)

Votre opinion