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BasketFrance/basket: Nanterre champion, et maintenant? (PAPIER D'ANGLE)

PARIS, 09 juin 2013 (AFP) - Vainqueur de Strasbourg samedi en finale de ProA, le club de Nanterre (banlieue parisienne) mettra peut-être des semaines à réaliser son exploit, tellement son titre de champion de France était inimaginable, mais devra aussi se pencher rapidement sur la suite, avec l'Euroligue qui attend.

Généralement, quand un petit commence son ascension, on raconte la belle histoire et on attend qu'il échoue, le plus tard possible, mais au plus tard en finale. La JSF Nanterre a fait tout ça, sauf qu'elle n'a jamais perdu, même pas en finale, et les superlatifs manquent pour relater l'épopée. "A force de répéter que c'est incroyable je ne sais plus quels mots employer", disait déjà après la demi-finale Pascal Donnadieu, l'entraîneur de la JSF qu'il a menée, en un quart de siècle, de la Départementale au sommet du basket français. "J'étais à des années lumière d'imaginer ça", a-t-il ajouté samedi avant de filer fêter ça dans une boîte de nuit à la Porte Maillot. Pendant quelques jours encore, le temps sera à la fête. "On va en profiter un maximum, on a écrit l'histoire, il faut savourer", explique Marc Judith, porte-parole d'une "équipe solidaire et homogène" qui a eu quatre meilleurs marqueurs différents sur les quatre matches de la finale. Mais il faudra rapidement prévoir la suite. Qualifiée pour l'Euroligue, la JSF va voir son budget (2,6 millions) augmenter un peu mais il restera le dernier de C1 où les plus grands clubs sont dix, voire quinze fois plus riches. Surtout que Nanterre ne sait pas encore si elle pourra compter sur la manne des droits TV dont ont profité les équipes françaises ces dernières années (700.000 euros), le diffuseur Sport arrivant en fin de contrat. Se pose aussi la question de la salle puisque ni le Palais des Sports Maurice Thorez (1500 places) ni Coubertin (4000 places) ne répondent au cahier des charges de l'Euroligue qui réclame des enceintes de 5000 places au moins. "Etre sérieux" Bercy entrant en travaux en février, la seule solution à Paris reste la Halle Carpentier mais le président de la Ligue nationale, Alain Béral, estime que c'est "compliqué aussi", notamment parce que le PSG Handball y jouera la Ligue des champions. Un exil à Rouen ou à Orléans est ainsi envisagé, quitte à ce que ça fasse un peu tâche en termes de rayonnement à l'international. "Il y a beaucoup de choses à faire avant d'être prêt pour l'Euroligue", souligne Stephen Brun. "Il faut que le budget augmente, que le club se structure et qu'on déleste un peu de poids à Pascal (Donnadieu) qui fait tout, il est coach, il est manager, il va balayer les appartements!" "On s'est donné les moyens d'aller en Euroligue, maintenant il s'agit de ne pas faire n'importe quoi. Il faut respecter cette compétition. On représentera la France, il faut absolument être sérieux", ajoute le capitaine de route d'une équipe dont plusieurs joueurs gagnent moins de 3000 euros par mois. "On va aider Nanterre pour passer le pas vers la Coupe d'Europe", a promis Alain Béral, parfois dans le viseur des Banlieusards qui ne sont pas toujours sentis désirés ces dernières semaines par ceux d'en haut. "Les hautes instances du basket français, je ne leur demande pas qu'elles nous disent merci, je leur demande simplement qu'elles se rendent compte du bien que l'on a pu faire au basket français", dit Jean Donnadieu. Mais le président et patriarche du club sait bien que retrouver son club en vitrine du basket français n'était pas du tout prévu au programme. jk/eb

(AFP)

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