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footFrance - "Ibra", une tourmente aux relents de fin de règne (PAPIER GENERAL)

Par Philippe GRELARD Paris, 16 mars 2015 (AFP) - Longtemps, la France a tout pardonné à Zlatan Ibrahimovic, mais cette fois, son dérapage verbal -- "pays de merde" -- a suscité une vive polémique, venue se greffer sur la saison pourrie d'une star qui approche de la fin de son règne à 33 ans.

C'est une saillie captée par une caméra à l'issue de la défaite du PSG 3 à 2 à Bordeaux dimanche après-midi -- "En quinze ans, je n'ai jamais vu un tel arbitre. Dans ce pays de merde. Ce pays ne mérite pas le PSG" -- qui a déclenché la tempête. Le Camerounais Joseph-Antoine Bell, ancien gardien de l'OM, Saint-Etienne ou Bordeaux, avait bien résumé dans L'Equipe, avant même ce dernier incident, le sentiment qui escorte le Suédois, dont l'étoile pâlit: "Il n'y a pas de raison qu'on pardonne à Ibrahimovic ses fautes (...) C'est dommage car il va vers la fin de sa carrière, et avec de tels comportements, il montre qu'il n'a pas compris l'esprit d'équipe". Et les excuses rapides de la star dimanche soir par communiqué -- "Je tenais à préciser que mes propos ne visaient ni la France ni les Français. J'ai parlé de football et non d'autre chose" -- n'ont pas calmé les esprits. "Ceux qui considèrent que la France est un pays de merde peuvent la quitter. Voilà, c'est aussi simple que cela", a laconiquement réagi à la radio sur France Info Marine Le Pen, la présidente du Front national (extrême-droite). Et Patrick Kanner, ministre des Sports, ne s'est pas satisfait des excuses du colosse (1,95 m; 95 kg). "Si un personnage aussi important que Zlatan Ibrahimovic a ce type de propos, il ne faudra pas s'étonner après qu'il y ait des difficultés sur les stades et ça, ce serait tout à fait regrettable", a lancé le ministre des sports sur la radio RTL lundi matin. Le SAFE, syndicat des arbitres de football d'élite s'est dit indigné lundi par "un nouveau déchaînement de haine et de violence verbales". La commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP) étudiera jeudi le cas de l'ancien joueur du Barça. Que risque-t-il ? Entre autres, une suspension, alors que se profile dans le calendrier de L1 le match que tout le monde attend, Marseille-Paris SG, le clasico français, le dimanche 5 avril. Voilà qui tomberait mal alors que l'ancienne vedette de l'Inter Milan et de l'AC Milan vit une saison plus que difficile. L'international suédois, qui n'avait pas réussi à qualifier son pays pour la Coupe du monde au Brésil, a été absent des terrains sept semaines à l'automne en raison d'une talalgie (blessure à un talon). Pendant sa convalescence, le foot français s'est découvert un nouveau héros, de dix ans son cadet, Alexandre Lacazette, qui caracole en tête du classement des buteurs de L1 (23 contre 14 pour "Ibra") et est leader du championnat de France avec Lyon. Zlatan a inscrit un doublé dimanche à Bordeaux, déjà oublié, emporté par la tornade médiatique. Pire, le PSG a réalisé un exploit en se qualifiant à Chelsea pour les quarts de finale de la Ligue des champions, sans "Ibra", rapidement exclu à la demi-heure de jeu... De quoi renforcer sa réputation de joueur qui ne brille pas dans les grands rendez-vous. Lundi, peu de voix s'élevaient pour le défendre. "Il s'est excusé, il a précisé le fond de sa pensée. Passons à autre chose", a bien essayé l'ancien champion du monde français Bixente Lizarazu sur RTL, insistant sur le fait que les propos du Suédois n'avaient pas été tenus "en conférence de presse". Cela suffira-t-il à lui éviter une lourde sanction qui viendrait ternir un peu plus sa saison? pgr/nip/pr/fbx

(AFP)

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