Actualisé 06.07.2020 à 06:26

Conduite«Franchement, qui a envie de foirer sa première fois?»

Le service neuchâtelois des automobiles fait appel à une influenceuse pour améliorer l'auto-école. Problème, la jeune femme apparaissait dans une vidéo... sans ceinture de sécurité!

von
lematin.ch
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Le service neuchâtelois des automobiles (SCAN) a appelé «Marissa Lafolie» pour promouvoir, dans une vidéo, l'auto-école. Problème...

Le service neuchâtelois des automobiles (SCAN) a appelé «Marissa Lafolie» pour promouvoir, dans une vidéo, l'auto-école. Problème...

Lematin.ch/Sébastien Anex
... en fin de vidéo, après la partie humoristique, la neuchâteloise démarre en s'écriant «en avant la liberté», sans mettre sa ceinture de sécurité.

... en fin de vidéo, après la partie humoristique, la neuchâteloise démarre en s'écriant «en avant la liberté», sans mettre sa ceinture de sécurité.

DR
Ce n'est qu'après le montage de la vidéo que cet oubli a été relevé. La séquence du démarrage sans ceinture surprend et a été discutée, mais elle ne désarçonne pas le directeur du SCAN, Philippe Burri. «On peut manœuvrer sans ceinture en roulant à la vitesse d'un homme au pas, qui plus est sur un parking privé».

Ce n'est qu'après le montage de la vidéo que cet oubli a été relevé. La séquence du démarrage sans ceinture surprend et a été discutée, mais elle ne désarçonne pas le directeur du SCAN, Philippe Burri. «On peut manœuvrer sans ceinture en roulant à la vitesse d'un homme au pas, qui plus est sur un parking privé».

Lematin.ch/Sébastien Anex

L'intention est louable à Neuchâtel: en tournant une vidéo avec une influenceuse neuchâteloise, le Service cantonal des automobiles et de la navigation (SCAN) veut améliorer la qualité de l'auto-école et le taux de réussite aux examens.

Son public cible, ce sont les 18-30 ans. Une tranche d'âge sensible à la fraîcheur de l'instagrameuse «Marissalafolie», qui distille quelques conseils au volant de sa voiture avant de démarrer... sans mettre sa ceinture de sécurité!

Homme au pas

«C'est sûr que si la dame roule comme ça, elle n'aura pas son permis», commente un internaute. La séquence du démarrage sans ceinture surprend, mais elle ne désarçonne pas le directeur du SCAN, Philippe Burri. «On peut manœuvrer sans ceinture en roulant à la vitesse d'un homme au pas, qui plus est sur un parking privé».

En interne, la séquence a été discutée. Sa publication a fait l'objet d'une modification et d'un concours, sans pour autant être censurée. «Marissa n'a pas vraiment fait tout faux, mais il ne faut pas perturber le message: le port de la ceinture est très important!», commente Philippe Burri. «Moi, je la mets!», tranche Marissa.

Accent neuchâtelois

«Quand je fais des selfies au volant, je fais dans l'autodérision», précise Marissa. Au diable les mauvaises langues: la vidéo tournée à la demande du SCAN est marrante: «Franchement, qui c'est qui a envie de foirer sa première fois?», demande «Marissalafolie» avec un accent neuchâtelois à couper au couteau.

«Est-ce que vous saviez que le canton de Neuchâtel, c'est quand même le canton où il a le plus de taux d'échec à l'examen du permis de conduite?», demande-t-elle. L'instagrameuse y va de ses explications: «Vous êtes trop occupé à boire l'apéro pour la Fête des vendanges? Vous vous préparez psychologiquement pour les promos du Locle?».

À moitié aveugle

«Marissalafolie» distille «quelques petits conseils», en préconisant le recours à un moniteur professionnel plutôt qu'à «un oncle à moitié aveugle qui a passé son permis en 1827». Précision de Philippe Burri: «On lui a demandé d'être drôle, en lui laissant carte blanche».

L'influenceuse locale qui a passé son permis du premier coup a tourné son clip avec son papa, assis à l'arrière: «Première des choses: les mains à 11h et demi, je me souviens bien parce que c'était l'heure de l'apéro», dit-il dans la vidéo. Marissa rigole: «Il boit aussi l'apéro à 10h10!». Il est aussi question de démarrer avec un verre dans sa voiture sans le renverser, «un blanc de Neuchâtel, surtout pas un Vaudois ou un Valaisan».

2 000 kilomètres

L'essentiel du message: rouler 2 000 kilomètres avant de se présenter à l'examen, sous le contrôle de l'application «Auto-Learn». «Le but, une fois le permis passé, c'est de pouvoir partir seul en toute sécurité», glisse Philippe Burri, sachant qu'il n'est pas rare de voir des experts devoir appuyer sur leur pédale des freins pendant un examen.

À Neuchâtel, 31% des élèves conducteurs n'ont roulé qu'avec un moniteur, alors qu'à l'inverse, 2% n'en ont jamais pris.

6 000 vues

Dimanche 5 juillet, la vidéo de «Marissalafolie» avait passé le cap des 6 000 vues sur son compte Instagram. Un joli score, même si sa communauté est loin d'autres influenceurs neuchâtelois, comme le culturiste Nicolas long Lee. C'est toujours plus glamour que l'Instagram du SCAN, qui n'a récolté, quatre jours après publication, qu'un commentaire: des smileys de Marissa...

«Faire appel à une influenceuse n'est pas dans les habitudes du service public», glisse Mike Cortese, chef marketing au SCAN. «C'est assez osé, mais l'objectif, c'est la sécurité routière», ajoute Philippe Burri. Avec son accent neuchâtelois, «Marissalafolie» a peu de chance d'être diffusée par d'autres services automobiles...

La vidéo de Marissa Lafolie et du SCAN.

Vincent Donzé

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