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FranceFrançois Compaoré laissé en liberté

Le frère cadet de l'ex-président burkinabé Blaise Compaoré avait été arrêté dimanche. Son pays a demandé son extradition.

François Compaoré.

François Compaoré.

archive/photo d'illustration, AFP

François Compaoré Il s'était vu notifier un mandat d'arrêt international dimanche matin, a déclaré à Reuters son avocat, Pierre-Olivier Sur.

Il avait été arrêté à l'aéroport Roissy Charles-de-Gaulle, au nord de Paris, à sa descente d'un avion dans le cadre d'une procédure portant sur le meurtre d'un journaliste en 1998, avait auparavant fait savoir Pierre-Olivier Sur.

Ce journaliste, Norbert Zongo, a été assassiné dans des circonstances qui n'ont jamais été établies, alors qu'il enquêtait sur la mort du chauffeur de François Compaoré. Son meurtre avait entraîné de violentes manifestations contre le président de l'époque, Blaise Compaoré.

Pour Pierre-Olivier Sur, il s'agit d'une «manoeuvre politique grossière» de la part du «pouvoir en place (au Burkina Faso-NDLR), qui ne parvient pas à retenir de charges contre Blaise Compaoré et à le juger».

Le Burkina va demander son extradition

Le Burkina Faso va demander «dès ce soir» à la France l'extradition de François Compaoré, a annoncé lundi le ministre de la Justice burkinabè René Bagoro.

«Les documents relatifs à la demande d'extradition ont été préparés et transmis au ministère des Affaires étrangères pour que les autorités françaises soient saisies dès ce soir», a-t-il dit à la presse. Frère de l'ancien président déchu burkinabè Blaise Compaoré, il avait été arrêté dimanche à son arrivée à l'aéroport parisien de Roissy.

Extradition de son frère refusée

Blaise Compaoré, renversé fin octobre 2014 par de grandes manifestations de rue après 27 ans au pouvoir, s'est réfugié en Côte d'Ivoire. Les autorités ivoiriennes refusent son extradition alors qu'il fait l'objet d'un mandat d'arrêt international dans le cadre de l'affaire de l'assassinat du président burkinabé Thomas Sankara en 1987, lors d'un coup d'Etat qui l'a porté au pouvoir.

Alors que l'éviction de Blaise Compaoré avait fait naître l'espoir, des opposants doutent de la volonté des autorités du Burkina Faso de vraiment faire la lumière sur les crimes du passé, d'autant plus que certains proches de l'ancien président sont encore au pouvoir. L'actuel président, Roch Marc Kaboré, fut ainsi son bras droit avant de passer dans l'opposition.

Le procès de plusieurs alliés de Blaise Compaoré accusés d'avoir été à l'origine d'un coup d'Etat manqué en septembre 2015, parmi lesquels figurent son ancien chef du renseignement, le général Gilbert Diendéré - s'est ouvert cette semaine à Ouagadougou.

(ats)

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