Proche-Orient - 3000 roquettes sur Israël depuis lundi, 42 morts à Gaza en un jour
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Proche-Orient3000 roquettes sur Israël depuis lundi, 42 morts à Gaza en un jour

Israël fait face au rythme le plus élevé de roquettes jamais tirées vers son territoire dans le nouveau conflit avec le Hamas, selon Tsahal.

Des sauveteurs palestiniens retirent des victimes des décombres d’un bâtiment effondré après un bombardement israélien à Gaza.

AFP

Au moins 42 Palestiniens ont été tués dimanche dans des frappes israéliennes sur la bande de Gaza, ont rapporté les autorités locales, portant à 192 le nombre de personnes ayant péri dans l’enclave palestinienne depuis lundi. D’après ce dernier bilan du ministère de la Santé à Gaza, 58 enfants figurent parmi les morts.

Au moins huit enfants ont péri sur la seule journée de dimanche dans des frappes sur un quartier de la ville de Gaza, ayant tué au moins 42 personnes au total, soit le bilan quotidien le plus lourd depuis lundi. De même source, 1230 Palestiniens ont été blessés depuis le déclenchement de ce nouveau cycle de violences entre l’armée israélienne et les groupes palestiniens armés à Gaza, dont le Hamas, au pouvoir dans l’enclave de deux millions d’habitants sous blocus.

Plus de 1000 roquettes depuis lundi sur Israël

De son côté, Israël fait face au rythme le plus élevé de roquettes jamais tirées vers son territoire dans le nouveau conflit avec le Hamas au pouvoir dans l’enclave palestinienne de Gaza, a indiqué dimanche l’armée israélienne. Depuis le 10 mai, les groupes armés de Gaza ont lancé environ 3000 roquettes vers Israël, battant ainsi le rythme des tirs lors d’une escalade en 2019 et de la guerre de 2006 contre le Hezbollah libanais, a indiqué le général Ori Gordin lors d’une rencontre en ligne avec des journalistes.

Depuis le début lundi soir de ces hostilités meurtrières, «le Hamas mène une attaque très intense en termes de cadence de tir», a déclaré le général. «Plus de 1000 roquettes qui devaient tomber sur des zones habitées ont été interceptées» depuis lundi, a dans le même temps affirmé le ministre de la Défense Benny Gantz sur Twitter. L’armée avait indiqué en matinée avoir ciblé 90 positions du Hamas et du Jihad islamique, deuxième groupe armé dans l’enclave, ces dernières 24h à Gaza.

Domicile du chef du Hamas touché

Le domicile de Yahya Sinouar, chef du bureau politique du Hamas dans ce territoire palestinien, a été touché par une de ces frappes israéliennes. Il n’était pas clair dans l’immédiat s’il s’y trouvait. Selon les autorités locales, les frappes israéliennes ont fait 181 morts, dont 52 enfants, et plus de 1200 blessés dans la bande de Gaza, sous blocus israélien depuis près de 15 ans. En Israël, dix personnes dont un enfant et un soldat ont été tuées après des tirs de roquettes en provenance de l’enclave palestinienne.

Ce nouveau conflit a commencé en réponse à un barrage de roquettes du Hamas sur Israël, tirées en «solidarité» avec les manifestants palestiniens et les centaines de Palestiniens blessés dans des heurts avec la police israélienne à Jérusalem-Est. À l’origine des violences, la menace d’expulsion de familles palestiniennes au profit de colons israéliens dans ce secteur palestinien occupé par Israël depuis plus de 50 ans.

Appel du CICR à l’ONU

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a appelé dimanche les membres du Conseil de sécurité de l’ONU «à exercer le maximum d’influence pour mettre fin aux hostilités entre Gaza et Israël», un conflit d’une «intensité jamais vue». «Les populations de Gaza et d’Israël font face au plus intense cycle d’hostilités depuis des années», écrit le CICR dans un communiqué, publié à quelques heures d’une réunion virtuelle du Conseil de sécurité consacré à ces violences.

Le CICR appelle également toutes les parties à «mettre fin à l’escalade (des violences) et assurer un meilleur accès aux personnes touchées dans la bande de Gaza». «L’intensité de ce conflit, c’est quelque chose que nous n’avons jamais vu auparavant avec des raids aériens incessants contre Gaza, qui est densément peuplé et des roquettes qui frappent des grandes villes en Israël avec pour conséquence des enfants qui meurent des deux côtés», affirme Robert Mardini, le directeur général du CICR.

Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne tiendront mardi une visioconférence d’urgence sur l’escalade des combats entre Israël et les Palestiniens, a annoncé dimanche le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

Antonio Guterres «consterné»

Les tractations diplomatiques s’intensifient avec une réunion virtuelle du Conseil de sécurité prévue à 16h (heure suisse). Le patron de l’ONU Antonio Guterres s’est dit «consterné» par le «nombre croissant de victimes civiles» et «profondément perturbé» par l’attaque israélienne contre le bâtiment abritant des médias.

De son côté, un émissaire américain, Hady Amr, doit rencontrer dans la journée des dirigeants israéliens à Jérusalem et des responsables palestiniens en Cisjordanie occupée.

Immeuble abritant des médias pulvérisé

Samedi, dix Palestiniens, parmi lesquels huit enfants d’une même famille, ont péri dans une frappe israélienne sur un camp de réfugiés dans l’enclave palestinienne. Un Israélien de 50 ans, au volant de sa voiture, a ensuite été tué dans la banlieue de Tel-Aviv dans l’explosion de roquettes tirées par le Hamas pour «venger», selon ce mouvement, la frappe «contre des femmes et des enfants» dans le territoire.

Plus tard, un immeuble de treize étages qui abritait notamment les équipes de la chaîne d’information qatarie Al-Jazeera et l’agence de presse américaine Associated Press (AP) a été pulvérisé par des frappes de l’armée israélienne qui avait demandé préalablement l’évacuation du bâtiment. Selon l’armée, l’immeuble abritait «des entités appartenant au renseignement militaire» du Hamas accusé de se servir de civils comme «boucliers humains».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui s’est entretenu avec le président américain après ces frappes, a affirmé avoir le soutien «sans équivoque» de Joe Biden. Biden, qui a également parlé au téléphone avec le président palestinien Mahmoud Abbas, a dit soutenir le droit d’Israël «à se défendre» tout en faisant part de sa préoccupation au sujet de «la sécurité des journalistes».

Tard en soirée samedi, un autre immeuble d’une dizaine d’étages, la tour al-Andalous, a été gravement endommagé par des frappes. Et le Hamas a ensuite lancé un nouveau barrage de roquettes vers des villes israéliennes, dont Tel-Aviv. La direction d’AP s’est dite «choquée et horrifiée» par la frappe israélienne.

Le chef du bureau d’Al-Jazeera en Israël et dans les Territoires palestiniens Walid al-Omari a accusé Israël de vouloir «faire taire ceux qui montrent» «les destructions et les morts».

Violences en Cisjordanie

Alors que la flambée de violence ne montre aucun signe d’accalmie, le dernier bilan palestinien a fait état de 157 morts parmi lesquels 41 enfants, et 1100 blessés, à Gaza depuis lundi. En Israël, dix personnes ont été tuées dont un enfant, et 540 blessées.

Ce nouveau conflit a commencé en réponse à un barrage de roquettes du Hamas sur Israël, tirées en «solidarité» avec les manifestants palestiniens et les centaines de Palestiniens blessés dans des heurts avec la police israélienne à Jérusalem-Est. À l’origine des violences, la menace d’expulsion de familles palestiniennes au profit de colons israéliens dans ce secteur palestinien occupé par Israël depuis plus de 50 ans.

En Cisjordanie, territoire palestinien également occupé par Israël depuis 1967, de nouvelles manifestations de colère ont eu lieu samedi, à l’occasion de la Nakba, la «catastrophe» qu’a représentée aux yeux des Palestiniens la création d’Israël en 1948, et synonyme d’exode pour des centaines de milliers d’entre eux. Deux Palestiniens ont été tués dans des confrontations avec les soldats.

Sur son territoire, Israël est également confronté à des violences inédites et des menaces de lynchages dans ses villes «mixtes», où vivent Juifs et Arabes israéliens.

Le pape met en garde contre la «spirale de la mort»

Le pape François a mis en garde dimanche contre la «spirale de la mort et de destruction» dans les affrontements au Proche-Orient, jugeant «terrible et inacceptable» la perte de vies innocentes dans ce conflit. Une solution doit être trouvée «avec l’aide de la communauté internationale» afin d’arrêter ce «crescendo de haine et de violence qui constitue une grave blessure à la fraternité, difficile à guérir si l’on ne s’ouvre pas au dialogue», a déclaré le pape après sa prière dominicale de l’Angélus.

«De nombreuses personnes ont été blessées, et beaucoup d’innocents sont morts. Parmi eux, il y a aussi des enfants et c’est terrible et inacceptable», a déclaré François, 84 ans. «Je me pose la question: où mèneront la haine et la vengeance? Pensons-nous vraiment que nous allons construire la paix en détruisant l’autre?», a demandé le pontif argentin qui a lancé place Saint-Pierre «un appel au calme, et à ceux qui en ont la responsabilité, à cesser le fracas des armes et à emprunter les chemins de la paix, également avec l’aide de la communauté internationale».

(AFP)

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