Syrie: Frappes aériennes dans le nord-ouest: 58 morts
Actualisé

SyrieFrappes aériennes dans le nord-ouest: 58 morts

Ces frappes survenues samedi dans la ville rebelle d'Idleb arrivent au lendemain d'un accord sur une trêve.

1 / 118
Un accord a été conclu «sous la houlette de la Russie et de la Turquie» pour évacuer les civils et les rebelles à Alep. (13 décembre 2016)

Un accord a été conclu «sous la houlette de la Russie et de la Turquie» pour évacuer les civils et les rebelles à Alep. (13 décembre 2016)

AFP
Les rebelles se sont retirés lundi de six nouveaux quartiers importants d'Alep face à l'avancée de l'armée syrienne rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ils ne sont plus que dans une petite poche dans la deuxième ville de Syrie. La prise d'Alep n'est «plus qu'une question de temps», selon l'OSDH. (12 décembre 2016)

Les rebelles se sont retirés lundi de six nouveaux quartiers importants d'Alep face à l'avancée de l'armée syrienne rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ils ne sont plus que dans une petite poche dans la deuxième ville de Syrie. La prise d'Alep n'est «plus qu'une question de temps», selon l'OSDH. (12 décembre 2016)

AFP
Plus de de 10'000 civils ont fui les quartiers rebelles d'Alep depuis minuit en raison des violents bombardements. (Dimanche 11 décembre 2016)

Plus de de 10'000 civils ont fui les quartiers rebelles d'Alep depuis minuit en raison des violents bombardements. (Dimanche 11 décembre 2016)

AFP

Cinquante-huit personnes ont péri dans des raids aériens dans la ville syrienne rebelle d'Idleb avant l'entrée en vigueur d'une trêve acceptée par le régime de Damas, qui doit débuter lundi dans ce pays déchiré par cinq ans de guerre.

L'accord de trêve, annoncé par la Russie et les Etats-Unis vendredi soir, vise à favoriser une réduction immédiate des violences et une reprise des négociations en vue d'une transition politique. Il pourrait déboucher sur une coopération militaire inédite contre les djihadistes de la part de Washington et de Moscou, qui soutiennent des camps adverses dans le conflit syrien.

Samedi 10 septembre, des raids aériens ont tué 58 personnes à Idleb (nord-ouest), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui n'a pas pu identifier les auteurs des frappes.

Civils tués dans la province Alep

«Les gens effectuaient leurs emplettes avant l'Aïd el-Adha la semaine prochaine, ce qui explique pourquoi les victimes sont si nombreuses», a précisé le responsable de l'OSDH, Rami Abdel Rahman.

Des raids ont aussi tué 12 civils dans les quartiers insurgés d'Alep (nord) et 18 personnes dans d'autres localités de la province du même nom.

La trêve négociée par les Américains, qui soutiennent des rebelles dits modérés, et les Russes, alliés du président Bachar el-Assad, doit débuter lundi, pour coïncider avec l'Aïd el-Adha, la fête musulmane du sacrifice.

Les rebelles n'ont pas fait part de leur position

«Le gouvernement syrien a eu connaissance de l'ensemble de l'accord et l'a approuvé», a indiqué samedi l'agence officielle Sana, citant des «sources informées».

En soirée, les groupes rebelles n'avaient pas encore fait part de leur position mais l'émissaire américain pour la Syrie les a appelés à respecter l'accord de cessez-le-feu, qu'il décrit comme «le meilleur moyen» de sauver des vies.

«Cette trêve peut être plus efficace que la précédente car elle peut arrêter les frappes syriennes contre les civils et l'opposition», a plaidé Michael Ratney, en référence à un premier accord russo-américain conclu fin février qui avait volé en éclat au bout de quelques semaines.

Les combats doivent cesser lundi à 19h

Selon l'émissaire américain pour la Syrie, les combats doivent cesser lundi à 19H00 (16H00 GMT) pour une première trêve de 48 heures.

Le Haut comité des négociations (HCN), qui rassemble les principaux représentants de l'opposition et de la rébellion syriennes, a de son côté indiqué n'avoir pas encore reçu «une copie officielle» du texte.

Une membre du HCN, Bassma Kodmani, avait réagi avec circonspection à l'annonce de l'accord dont l'application dépend, selon elle, avant tout de la Russie. «Nous voulons que la Russie persuade le régime d'appliquer l'accord. Nous ne nous attendons pas à ce que le régime le fasse de plein gré», a-t-elle indiqué à l'AFP.

Démilitarisation de la route du Castello

Russes et Américains affirment que ce plan était la meilleure chance d'en finir avec un conflit qui a fait plus de 290'000 morts et provoqué l'exode de millions de Syriens.

Un des points de l'accord concerne Alep, la grande ville du nord divisée entre secteurs tenus par les forces du régime dans l'ouest et quartiers contrôlés par les rebelles dans l'est.

L'accord prévoit la «démilitarisation» de la route du Castello au nord d'Alep, qui était un axe de ravitaillement pour les rebelles avant que le régime n'en reprenne le contrôle le 17 juillet, les assiégeant de facto. Il stipule que c'est par cette route que sera acheminée l'aide humanitaire à la métropole.

Ankara salue l'accord

L'accord a été salué par la Turquie - qui a lancé fin août une offensive dans le nord de la Syrie contre le groupe djihadiste, Etat islamique (EI) et les Kurdes-, par la Grande-Bretagne, la France et la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

Alors que Moscou doit faire pression sur le régime, Washington doit convaincre les rebelles de se dissocier des djihadistes avec lesquels ils sont notamment alliés dans les provinces d'Alep et Idleb.

Le principal groupe djihadiste, concerné est le Front Fateh al-Cham, ex-Front al-Nosra qui a renoncé à son rattachement à Al-Qaïda mais reste considéré comme un groupe «terroriste» par Moscou et Washington.

Création d'un «centre conjoint» russo-américain

A ce sujet, Sergueï Lavrov a annoncé la création d'un «centre conjoint» russo-américain destiné à coordonner d'éventuelles frappes contre les djihadistes .

Selon Bassma Kodmani, les rebelles rompront leurs liens avec les groupes djihadistes si la trêve tient. «Les groupes modérés vont se réorganiser et prendre leurs distances avec les groupes radicaux», a-t-elle estimé.

Mais selon Charles Lister, chercheur au Middle East Institute, les principaux combattants de l'opposition n'ont jusque-là pas montré de volonté de rompre leurs alliances avec des groupes djihadistes , considérées comme «une nécessité militaire».

(AFP)

Votre opinion