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ElectionsFraude et crimes au menu des présidentielles au Kenya

Les couacs autour de l'élection présidentielle au Kenya se multipliaient jeudi alors que le camp du Premier ministre Raila Odinga en dénonçait des résultats partiels «trafiqués».

Lecture du journal Standard en attendant des résultats de l'élection.

Lecture du journal Standard en attendant des résultats de l'élection.

Les résultats des élections donnent gagnant le vice-Premier ministre Uhuru Kenyatta, dont le procès pour crimes contre l'humanité a été ajourné.

La première audience devant la Cour pénale internationale (CPI) du vice-Premier ministre Uhuru Kenyatta, 51 ans, aura lieu le 9 juillet. Les avocats de ce fils de l'artisan de l'indépendance kényane auront ainsi plus de temps pour étudier son dossier et préparer leurs arguments.

Uhuru Kenyatta est poursuivi pour son rôle d'instigateur présumé des violences politico-ethniques qui ont suivi des soupçons de fraude massives lors des élections présidentielles de 2007. Ces violences ont fait 1200 morts et 350'000 déplacés durant l'hiver 2007-2008.

Accusations récurrentes

Et les soupçons de fraude continuent d'entourer le vice-Premier ministre, donné jeudi en fin de journée gagnant de la course à la présidentielle kényane avec un décompte partiel lui accordant plus de 3,1 millions de voix contre 2,56 à son rival Raila Odinga.

Les critiques se sont multipliées depuis deux jours sur l'organisation du vote présidentiel et de son dépouillement, à mesure que les couacs s'accumulaient dans cette élection qui se voulait exemplaire de transparence.

Le système de reconnaissance biométrique des électeurs s'est d'abord effondré dans de nombreux bureaux, forçant les agents électoraux à vérifier manuellement les listes. De nombreux Kényans ont aussi dit avoir eu du mal à déterminer dans quelles urnes placer leurs bulletins: en plus de la présidentielle, cinq autres scrutins étaient organisés en même temps.

Un système qui s'écroule

Le système d'envoi des résultats provisoires, par SMS, s'est ensuite à son tour écroulé. Avant de planter, il a recensé un nombre considérable de vote nuls - plus de 300'000 - objet d'une première polémique. Depuis, la Commission électorale a abandonné le décompte électronique et n'affiche plus que des résultats définitifs sur la base des procès-verbaux.

Kalonzo Musyoka, colistier de Raila Odinga, le rival direct de Uhuru Kenyatta, a affirmé avoir des preuves que des résultats avaient «été trafiqués» et appelé à stopper un processus de dépouillement manquant d'«intégrité».

Dans un pays encore traumatisé par les dernières violences post-électorales, il a assuré que ses accusations «ne constituaient pas un appel à la rue».

Accusations rejetées

Quant à la Commission électorale indépendante kényane (IEBC), qui a annoncé pour vendredi le résultat final du premier tour de la présidentielle, elle a catégoriquement écarté toute interruption du décompte, assurant qu'il «n'y avait pas moyen de trafiquer les résultats».

(ats/afp)

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