Insolite: Frayeur sur l'A5
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InsoliteFrayeur sur l'A5

Les cinq véhicules qui ont su éviter le Neuchâtelois courant après sa voiture sur l’autoroute ne sont pas près d’oublier ces instants d’angoisse. Récit.

par
Benjamin Pillard

La vidéo fait un buzz inédit depuis sa mise en ligne jeudi après-midi sur la page Facebook de la police neuchâteloise. Ces images d’une minute et dix secondes extraites des caméras de surveillance de la sortie autoroutière d’Auvernier (direction Neuchâtel), sur l’A5, montrent un automobiliste au comportement extrêmement risqué. Pendant une quinzaine de secondes, on le voit traverser en courant les deux voies de circulation pour tenter de rattraper… son véhicule, qui s’est soudainement mis en mouvement après avoir été garé sur la bande d’arrêt d’urgence. Ladite berline a d’abord percuté la berme centrale, avant de retraverser les voies et de finir sa course folle sur une parcelle herbeuse.

«J’étais juste derrière, j’ai eu une sacrée peur!» témoigne un électricien de Boudry (NE). Les chauffeurs des cinq véhicules (deux camions et trois voitures) qui sont miraculeusement parvenus à éviter le conducteur-piéton sur cette chaussée détrempée, lundi après-midi, ne doivent pas en penser moins. Pourtant personne n’a signalé l’incident aux forces de l’ordre. «C’est complètement fou, on n’en revient pas; alors que parfois les gens appellent la police pour un rien!» réagit Pierre-Louis Rochaix, porte-parole de la police neuchâteloise. Et de révéler qu’il a fallu attendre que des employés de la voirie découvrent les dégâts causés aux barrières et panneaux de signalisation pour que les images de vidéosurveillance soient passées au crible jeudi matin.

Les enquêteurs parviennent ainsi à identifier le camion qui s’était également arrêté sur la bande d’arrêt d’urgence, à la même hauteur que le conducteur-piéton. Auditionné, le chauffeur poids lourd était en mesure de communiquer l’identité de l’intéressé. «Les deux hommes, d’âge mûr, se connaissent et sont domiciliés dans la région», révèle Pierre-Louis Rochaix. Qui précise que ni le camion ni la berline n’étaient en panne. Et que les fautifs ne s’étaient pas garés pour en découdre. «Il n’y avait aucun litige: l’un voulait transmettre un document professionnel à l’autre.»

Pour le porte-parole, c’est ce stationnement illicite sur la bande d’arrêt d’urgence qui constitue le comportement le plus irresponsable. Et non la poursuite à pied d’un véhicule en mouvement sur l’autoroute. «Je ne sais pas si j’aurais fait la même chose, mais, dans des circonstances comme celles-là, vous ne réfléchissez pas…»

Le principal fautif sera cependant dénoncé pour mise en mouvement fortuite d’un véhicule avec grave mise en danger.

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