Commerce: Fribourg étend les horaires d'ouverture le samedi

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CommerceFribourg étend les horaires d'ouverture le samedi

Les magasins fribourgeois pourraient fermer à 17h au lieu de 16h le samedi. Le Grand Conseil a accepté une motion en ce sens. Une extension jusqu'à 18h a, par contre, été refusée.

Les Fribourgeois auront une heure de plus pour faire leur course, le samedi. (Image d'illustration)

Les Fribourgeois auront une heure de plus pour faire leur course, le samedi. (Image d'illustration)

Keystone

Fribourg pourrait cesser d'être le seul canton romand qui impose une fermeture des magasins à 16h00 le samedi. Le Grand Conseil a accepté le principe d'un assouplissement de l'horaire jusqu'à 17h00.

Le législatif a adopté mardi par 58 voix contre 39 (2 abstentions) une motion demandant de modifier la loi sur l'exercice du commerce. Mais les députés n'ont pas voulu étendre l'horaire jusqu'à 18h00.

Le commerce de détail (10'000 emplois dans le canton) vit une période très difficile, rappelle le motionnaire Stéphane Peiry (UDC). Switcher, Fly, Blackout, Bata, Yendi: les exemples de fermetures en Suisse sont légion.

Dans le canton de Fribourg, le plus restrictif du pays avec Lucerne, la concurrence d'Internet se double de celle des autres cantons. Cette motion ne vise pas à sauver à elle seule les magasins fribourgeois, mais à leur donner les mêmes armes.

Lien vers la soirée

Les commerces peuvent déjà fermer à 17h00 le samedi dans les cantons de Berne, du Jura et du Valais, ainsi que dans plusieurs grandes communes vaudoises. Ils peuvent même fermer à 18h00 dans les cantons de Neuchâtel et de Genève, ainsi qu'à Lausanne. Le samedi après-midi est crucial pour les ventes. C'est une possibilité de prolonger et non une obligation, note Stéphane Peiry. Et de rappeler que de nombreux travailleurs ont des horaires beaucoup plus astreignants (notamment infirmiers et policiers).

L'extension permet aussi une continuité entre les activités de l'après-midi et du soir: pas envie de choisir entre commerce, culture et gastronomie, argumente l'autre motionnaire Laurent Dietrich (PDC). Il faut mettre fin à l'image de canton «ringard», «austère», «sentant la naphtaline», lance Didier Castella (PLR).

Fiers de l'exception

Il ne faut pas suivre les autres cantons comme des moutons, mais être fiers de l'exception fribourgeoise, rétorque Kirthana Wickramasingam (PS). Ce serait «un crachat» sur la détermination des Fribourgeois, qui ont déjà dit non dans le passé, dit Xavier Ganioz (PS).

«Le dynamisme d?un centre-ville ne se résume pas aux actes de consommation», ajoute le député: l'animation peut s'enrichir par des événements culturels et qui créent des contacts. La prolongation, elle, bénéficiera surtout aux centres commerciaux en périphérie.

Les clients qui en profiteront seront ceux qui arrivent au magasin à 15h50, les mêmes vont venir à 16h50, raille Paola Ghielmini (Verts). «Après 17h, ce sera 18h, puis ce sera le dimanche, puis pourquoi pas la nuit.»

Le Conseil d'Etat soutient la prolongation comme un signe favorable pour toute l'économie régionale. Il s'agit pas de libéralisme excessif, mais de donner à tous les commerces les mêmes règles, commente le ministre Maurice Ropraz. Certains ont déjà des horaires élargis (laiteries, commerces de mets cuisinés, ou de gares et d'autoroutes, ou encore de stations touristiques).

CCT nécessaire

Le gouvernement préconise des discussions avec les partenaires sociaux en vue de la conclusion «éventuelle» d'une convention collective de travail (CCT). Mais Christa Mutter (Verts) juge indigne de dire «éventuellement».

Une CCT est demandée depuis des années. Selon la députée, il faut donner une année au Conseil d'Etat pour motiver les partenaires sociaux à en conclure une, faute de quoi il édictera dans la loi un contrat type avec de bonnes conditions pour le personnel. «Ne mettons pas la charrue avant les boeufs», plaide aussi Simon Bischof (PS). Il faut d'abord obtenir des garanties comme un jour de congé la semaine suivante et une limitation du nombre de samedis travaillés dans le mois.

Cette CCT, «long serpent de mer», ne peut qu'être le fruit d'un partenariat entre les représentants des employeurs et des employés, répond Maurice Ropraz. Le gouvernement peut prêter ses bons offices, mais pas imposer une convention collective, selon lui.

(ats)

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