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Maladie animaleFribourg lutte contre la diarrhée virale bovine

Les exploitations fribourgeoises sont particulièrement touchées par le virus qui touche leur bétail.

La diarrhée virale bovine continue de sévir en Suisse.

La diarrhée virale bovine continue de sévir en Suisse.

La diarrhée virale bovine continue à sévir en dépit des mesures fédérales d'éradication: 17 cantons ont annoncé de nouveaux cas d'infection en 2017. Le territoire fribourgeois est particulièrement touché, comptabilisant 26 des 77 exploitations suisses concernées.

Depuis 2008, près de 7900 annonces d'exploitations touchées ont été faites en Suisse. Le canton de Fribourg en a enregistré plus de 700, soit environ 9%.

Il y a eu une campagne fédérale d'éradication entre 2008 et 2012, qui a permis de baisser le taux d'infection en Suisse de 2% à 0,5%. Désormais, plus de 99% des exploitations helvétiques sont indemnes. La Confédération ne fait plus tester tous les veaux nouveaux-nés, mais pratique une surveillance passive.

Elevage dynamique

Parmi les cantons qui connaissent à nouveau des pics, Fribourg est très concerné en raison de sa dynamique en matière d'élevage: vente de bétail, participation à des expositions, intensité des mouvements de bovins entre exploitations. De plus, l'économie alpestre et l'estivage de bovins y sont importants. En 2016, 34 exploitations fribourgeoises ont été touchées et 208 veaux ont dû être éliminés.

Si une mère portante est infectée entre le 40e et le 120e jour de gestation, elle transmet le virus au foetus. La grande majorité des veaux infectés par la diarrhée virale bovine (BVD) meurent avant un an. Ils représentent un danger de réinfection dans les exploitations.

A noter que le virus ne se transmet pas à l'humain. Reste que le phénomène peut avoir de lourdes conséquences pour un agriculteur: le nombre de bêtes perdues, mais aussi une perte génétique pour l'élevage si ce sont des femelles qui meurent.

Un député a interrogé le Conseil d'Etat fribourgeois au sujet de cette maladie. Il déplore le fait que certains agriculteurs concernés ne se sentent pas soutenus par la Direction de l'agriculture.

Le Canton agit

Dans sa réponse publiée vendredi, le gouvernement réfute un manque d'action de la part des services cantonaux. Il affirme que les moyens financiers et humains actuellement déployés sont à la limite de ce que peuvent concentrer les quatre services de l'Etat concernés.

Le Service de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires est chargé d'établir le dispositif sanitaire. Entre septembre 2016 et septembre 2017, il a consacré au moins huit postes à plein temps à la BVD. Les collaborateurs doivent expliquer le dispositif aux agriculteurs, vérifier des parcelles et clôtures, ou encore mener des enquêtes épidémiologiques coordonnées avec les autres cantons.

De son côté, Sanima s'occupe de l'indemnisation des exploitations pour l'élimination des animaux, des désinfections, et des mesures à mettre en place. En 2017, ce dernier a déjà distribué quelque 144'000 francs d'indemnisations pour 244 animaux (sur 323).

L'indemnité par veau versée dans le canton de Fribourg est d'ailleurs au moins trois fois plus élevée que dans le reste de la Suisse. Sanima prend aussi en charge des analyses de dépistage avant des expositions bovines (plus de 400'000 francs cette année).

Mieux qu'en Suisse

Il y a encore le Service de l'agriculture, qui coordonne l'information aux exploitations, et l'Institut agricole de Grangeneuve qui gère le groupe cantonal de réflexion BVD. Ce dernier a été créé fin 2016 dans le but de prévoir des mesures cantonales supplémentaires par rapport aux mesures nationales.

Par exemple, il est à l'origine d'une augmentation des dépistages. Sont testés désormais tous les cadavres de bovins livrés aux centres collecteurs et âgés de moins d'une année. Il a aussi provoqué l'ajout d'une deuxième analyse de lait de citerne dans l'année, avant la montée à l'alpage. Cette mesure a d'ailleurs été reprise par les cantons de Zoug, Uri, Schwyz et Unterwald, qui ont eux aussi connu un pic de BVD. Et la Confédération la mettra en place pour toute la Suisse en 2018.

Enfin, ce groupe de réflexion a lancé une vaste campagne de communication: presse, courriels, conférences et brochures.

(ats)

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