Drones interdits: Fribourg sécurise ses people

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Drones interditsFribourg sécurise ses people

Le Conseil d'État exclut le survol de certains secteurs à l'occasion d'événements d'envergure nationale. Pour des questions de sécurité. Et de risques terroristes.

par
Evelyne Emeri
Pas de drones durant trois jours. Erreur de pilotage, défaut technique, personnes malintentionnées: après analyse de tous ces risques, la police cantonale a tranché.

Pas de drones durant trois jours. Erreur de pilotage, défaut technique, personnes malintentionnées: après analyse de tous ces risques, la police cantonale a tranché.

Maxime Schmid

Dans le canton de Fribourg, c'est une première. C'est aussi le fait de le communiquer en toute transparence qui détonne et qui fera date. Ni le conseiller fédéral Alain Berset, prochain président de la Confédération, ni Dominique de Buman, futur président du Conseil national, ni la star interplanétaire saint Nicolas ne seront pris de haut. Les drones – et autres engins assimilés – seront strictement prohibés à moins de 300 m des festivités respectives de ces trois people, les 29 novembre, 2 décembre et 14 décembre.

Contrevenants dénoncés

L'objectif est limpide. Pas de mouchards dans le ciel afin de prévenir tout accident ou incident – y compris les chutes de ces modèles réduits d'aéronefs – et sécuriser les lieux de manière optimale. C'est la police cantonale fribourgeoise, d'entente avec leurs homologues de FedPol, qui a soumis cette proposition au gouvernement. Les sept conseillers d'État ont expressément voté trois arrêtés. Unanime, ce vote sans précédent empêchera les appareils jusqu'à 30 kg de survoler plusieurs périmètres en ville de Fribourg (29.11, 2.12, 14.12), à Morat (29.11), à Guin (14.12), à Belfaux (14.12) et à Bulle (14.12).

Les contrevenants seront poursuivis pénalement et leur joujou séquestré. Les pilotes professionnels, amateurs, voire néophytes, sont prévenus. La diffusion de l'information a été plus que large et détaillée, plans des zones défendues compris. Notamment par le biais d'un communiqué de presse et d'un avis dans la Feuille officielle du canton. Aujourd'hui, ces grands rassemblements de foule sont appréhendés différemment. «Ce sont des évènements sensibles. On a préféré interdire ces aéronefs et anticiper toute utilisation à mauvais escient, explique Maurice Ropraz, président du Conseil d'État, chargé de la Sécurité et de la Justice. L'aspect sécuritaire bien sûr, mais pas que. «Dans le contexte actuel, nous devons aussi prendre en compte les risques terroristes et d'attentats. Même si nous ne sommes pas une cible prioritaire, il ne faut pas être naïf non plus», précise le conseiller d'État.

À ce jour, ces restrictions aériennes n'ont donné lieu à aucun mécontentement auprès des autorités. «La population comprend l'enjeu. Nous allons aussi barrer certains accès pour éviter le passage de véhicules fous», concède Maurice Ropraz.

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