71,5% de oui pour la surveillance des frontières par Frontex
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Votations du 15 maiFrontex: un oui clair à la surveillance des frontières européennes

La hausse du financement de l’agence de contrôle des frontières européenne a été largement acceptée dans tous les cantons.

par
Julien Baumann

Renforcer le soutien financier suisse à l’agence européenne qui contrôle les frontières extérieures de l’espace Schengen, Frontex, le projet a été soutenu clairement dans les urnes ce dimanche. 71,5% des votants ont accepté cette augmentation du budget et tous les cantons y ont apporté leur soutien. En Suisse romande, Vaud dit oui à 74,4%, Genève à 63,5%, le Valais et Fribourg à 75,2%, Neuchâtel à 72,3% et le Jura à 71,7%. Dans le canton de Berne, Frontex est approuvé par 69,9% des voix.

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Les garanties de sécurité prônées par les partisans de Frontex ont visiblement primé sur les critiques formulées à l’égard des méthodes de l’agence européenne, épinglée notamment pour n’avoir pas toujours respecté les droits humains lors d’interventions. Le comité référendaire et les partis de gauche, qui appelaient à rejeter le texte, se montrent déçus. Avec ce oui, «la Suisse se rend complice de la mort et de la violence contre des dizaines de milliers de personnes», dénonce par exemple NoFrontex qui appelle à manifester spontanément ce dimanche à Berne et à Zurich.

Les Verts et le PS disent vouloir continuer à œuvrer pour que la Suisse respecte les droits fondamentaux et les droits humains des migrants qui tentent de rejoindre l’Europe. Du côté des partisans, cette acceptation à près de 60% est saluée. Il s’agit d’«un oui clair à la sécurité et à une Suisse coopérative au cœur de l’Europe», écrit le PLR qui appelait à voter oui.

«Le débat des dernières semaines a permis de montrer que la participation de la Suisse à Frontex est nécessaire», a déclaré Charles Juillard, conseiller aux Etats et vice-président du Centre. Pour l’UDC, qui soutenait la hausse des dépenses en faveur de Frontex, ce oui est à saluer même s’il ne s’agit pas d’«un chèque en blanc et ne doit pas conduire à un nouveau démantèlement de nos frontières intérieures».

Et le résultat du vote a également été salué par Bruxelles par le biais du vice-président de la Commission européenne Margaritis Schinas.

Les pays membres de l’Espace Schengen ainsi que les pays signataires de l’accord de Schengen – dont la Suisse - exploitent ensemble une agence européenne des garde-frontières et des garde-côtes baptisée «Frontex». Après la crise migratoire de 2015 due à la guerre en Syrie et en Afghanistan, ils ont décidé de renforcer l’agence. Celle-ci doit passer de 2000 agents actuellement à 10’000 d’ici 2027.

Son budget doit être revu à la hausse. La Suisse, qui participe à Frontex depuis 2011, est donc priée elle d’augmenter sa contribution de 24 millions de francs aujourd’hui à 61 millions de francs par an. Berne pourra envoyer jusqu’à 40 agents contre 6 actuellement.

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