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Genève«Funérailles du logement abordable» aux Pâquis

L'association des habitants des Pâquis SURVAP, à Genève, a organisé une «cérémonie funèbre» avec dépôt de couronnes pour dénoncer la spéculation immobilière qui règne dans ce quartier populaire.

une quarantaine de personnes ont participé samedi matin dans le quartier genevois des Pâquis aux Funérailles du logement abordable.

une quarantaine de personnes ont participé samedi matin dans le quartier genevois des Pâquis aux Funérailles du logement abordable.

Keystone

Une rose blanche à la main, une quarantaine de personnes ont participé ce samedi 1er novembre, jour de la Toussaint, aux Funérailles du logement abordable, organisées par l'association des habitants des Pâquis SURVAP, à Genève. Elles ont dénoncé le fait que 80% des surélévations du quartier dérogent aux lois.

L'association exige que le Département du logement fasse respecter le cadre légal. «Les contrôles ne sont plus systématiques car le service juridique relatif à la loi sur les démolitions, transformations et rénovations ne compte plus qu'une seule personne, contre douze avant l'arrivée de l'ex-conseiller d'Etat libéral Mark Muller», a relevé devant les médias Guy Valance, président de SURVAP.

Aux Pâquis, les exemples de disparition de logements abordables à la suite d'une surélévation non conforme sont légion. Le «cortège funèbre» s'est déplacé auprès de cinq d'entre eux, désormais dévolus à la spéculation et au luxe. Cette «dérive frénétique» ne répond pas aux besoins prépondérants de la population, critique l'association.

7000 francs de loyer

Ainsi, deux étages ont été ajoutés à l'immeuble du 3, rue Butini en 2011. Or un seul appartement a été créé au lieu des quatre logements autorisés. Dénoncé par SURVAP, qui considère qu'il s'agit là d'une villa, le propriétaire a tenté de régulariser les travaux. L'Etat a constaté au moins neuf infractions, dont la réunion illicite de deux appartements dans un étage inférieur.

Mais le «coeur du monstre», selon Guy Valance, se situe au 1-3, rue Gevray. L'ancien hôtel California occupé par des étudiants a été détruit pour construire deux immeubles. L'un est destiné à la vente, tandis que les douze appartements de l'autre sont mis en location à 3000 francs par pièce par an au maximum à la suite de négociations avec l'ASLOCA et SURVAP, qui ont fait opposition.

Aucun des appartements à vendre n'a trouvé preneur, affirme Guy Valance. «A 27'000 francs le mètre carré, on ne va pas s'enterrer aux Pâquis», relève-t-il. Et d'indiquer que ces logements sont désormais proposés à la location: 7'000 francs par mois pour un quatre pièces genevois, c'est-à-dire cuisine comprise. «Un prix tout à fait abordable dans un quartier populaire», ironise-t-il.

(ats)

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