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Utopie«Gagner» sa vie, une idée périmée…

Les Suisses voteront sur une des initiatives les plus décoiffantes jamais présentées.

par
Le Matin Dimanche
L'initiative a peu de chances devant le peuple suisse, qui aime bien savoir «combien ça coûte».

L'initiative a peu de chances devant le peuple suisse, qui aime bien savoir «combien ça coûte».

Jean-Christophe Bott, Keystone

…C'est en tout cas ce que pensent les initiants qui veulent introduire en Suisse un « revenu de base inconditionnel » d'environ 2500 francs par adulte et 1000 francs par enfant, soit 7000 francs par mois pour une famille de quatre personnes. Sans contrepartie. L'idée paraît a priori loufoque, mais elle a déjà séduit plus de 100 000 citoyens suisses qui ont signé le texte, sur lequel nous devrons donc voter. Inspiré des utopies fouriéristes, voire plus anciennes, le revenu de base inconditionnel (aussi appelé allocation universelle) veut remplacer le « filet social » actuel et sa bureaucratie par un droit inscrit dans la Constitution, permettant à chacun de « mener une existence modeste mais digne », l'idée étant de découpler le travail de la rémunération.

«Qui aura encore envie de travailler dans ces conditions, ne s'agit-il pas juste d'une prime à la paresse?», s'interrogent les sceptiques. « Pas du tout », répondent les initiants. Le besoin de s'occuper et d'être utile demeure, les gens continueront de travailler pour compléter leur revenu de base, mais différemment d'aujourd'hui. Ils auront plus de temps pour des activités nécessaires au bon fonctionnement de la société qui s'en trouvera mieux, selon eux.

L'initiative a peu de chances devant le peuple suisse, qui aime bien savoir «combien ça coûte» - au minimum 30 milliards de francs par an selon les calculs des partisans du revenu de base inconditionnel. Le débat dépasse le clivage gauche-droite. Le projet d'allocation universelle séduit des économistes libéraux comme Thomas Straubhaar, le patron d'une grande chaîne de drogueries allemandes, Götz Werner ou… la sœur de Christoph Blocher. A l'inverse, il hérisse une bonne partie des socialistes et des syndicats, l'Union syndicale suisse ayant même publié un véritable réquisitoire contre le RBI. Le « Matin Dimanche » ouvre la discussion avec six personnalités.

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