30.12.2019 à 10:28

Garde d'enfants: faut-il payer les grands-parents?

Suisse

De nombreux seniors passent plusieurs heures par semaine à s'occuper de leurs petits-enfants. Des grands-mères veulent être dédommagées.

par
Christine Talos
Keystone

Deux tiers des familles font garder leurs enfants par des tiers en Suisse. Et près de la moitié d'entre elles font appel aux grands-parents. Ainsi quelque 45% des grands-mères et 33% des grands-pères s'occupent de leurs petits-enfants au moins une fois par semaine, selon l'Office fédéral de la statistique (OFS). Ce qui représente une occupation de plus de 20 heures par semaine.

«Assez!» proteste désormais la «Révolution des grands-mères» dans un manifeste, rapporte lundi la «NZZ». «Qui s'occupe des enfants quand ni la mère ni le père ne veulent réduire leur temps de travail et que l'enfant ne peut pas aller en crèche tous les jours? Les grands-parents bien sûr!», s'exclame Ruth Fries, à la tête de ce réseau d'aînées alémaniques. «Et qui s'occupe des enfants si les parents doivent s'absenter à la dernière minute? Les grands-parents encore!»

Cette septuagénaire est elle-même grand-mère et s'occupait régulièrement de ses petits-enfants quand ils étaient jeunes. «J'aime mes petits-enfants et j'aimais m'en occuper. Mais ça me dérange quand les gens s'attendent à ce que tous les grands-parents en fassent autant», affirme-t-elle. Elle rappelle que les seniors qui acceptent de jouer les baby-sitters doivent faire des sacrifices ailleurs et ont moins de temps libre.

Du coup, la «Révolution des grands-mères» souhaite que ce baby-sitting, qui représentait 160 millions d'heures, soit plus de 8 milliards de francs en 2016, soit dédommagé. Mais les mamies ne souhaitent pas être rémunérées via un salaire classique. Elles imaginent plutôt une rente plus élevée ou des allégements fiscaux, voire des bons à utiliser si elles ont besoin d'aide à leur tour. Même le remboursement des frais de déplacement serait bienvenu. Il s'agirait ainsi à leurs yeux d'une reconnaissance de leur travail, un travail qui permet aux parents de travailler davantage et donc payer plus d'impôts, conclut Ruth Fries.

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