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Enquête 3/6«Gardez Bulat en Suisse!»

Au Terek Grozny, le club de foot tchétchène, la colère n’est pas retombée contre Bulat Chagaev. Un sponsor «menteur».

par
Ludovic Rocchi
Charpoudi (à g.) est responsable des supporters du FC Terek Grozny. Il dit être très «fâché» contre Chagaev.

Charpoudi (à g.) est responsable des supporters du FC Terek Grozny. Il dit être très «fâché» contre Chagaev.

En cette fin de matinée à Grozny, une équipe de jeunes Tchétchènes victimes des mines infestant toujours la petite république s’entraîne sur la pelouse du vieux stade de la capitale. C’est ici que rendez-vous a été pris avec des supporters du club national, le Terek Grozny. Avant de commencer l’interview, ils se montrent très curieux de savoir ce que Bulat Chagaev a vraiment fait en Suisse. «Comment votre pays si riche et si sérieux a-t-il laissé Bulat aussi facilement tromper tout le monde, comme il l’a fait chez nous?» sourit Charpoudi, l’aîné du groupe. Entre le Terek Grozny et Chagaev comme sponsor principal, tout a pourtant commencé en fanfare fin 2010. Auréolé de son statut d’«homme d’affaires suisse», Chagaev a bluffé jusqu’au président Ramzan Kadyrov, multipliant les matches de gala avec de vieilles stars internationales du football. Mais, très vite, l’engagement du Néerlandais Ruud Gullit comme entraîneur a tourné court. Des joueurs de prestige ne sont jamais arrivés. Et, en août 2011 déjà, Chagaev était banni par Kadyrov, accusé d’avoir «mangé» son argent plutôt qu’investir gros dans le Terek comme il s’y était engagé. Lors de notre visite du nouveau stade de Grozny, le porte-parole du club, Rizvan Edilsultanov, ne mâchera pas ses mots: «Comme l’a dit lui-même notre président, Chagaev n’a pas tenu ses promesses. Il s’est plutôt servi de l’image de Kadyrov pour faire sa pub. C’est un menteur et un affairiste, guidé par l’avarice.»

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