27.03.2019 à 11:46

SuisseGares souterraines et métros sont très pollués

L'air que respirent les voyageurs, en particulier dans les souterrains, contient bien plus de particules fines que les nœuds routiers. La gare de Zurich est très concernée.

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cht
Ce sont surtout dans les parties souterraines des gares que l'air pollué s'accumule.

Ce sont surtout dans les parties souterraines des gares que l'air pollué s'accumule.

Keystone

En principe, quand on parle CO2, particules fines et trafic, on pense d'abord aux voitures et à la route. Pourtant les trains polluent aussi et l'air des gares est parfois extrêmement pollué, en particulier quand elles sont souterraines, relève mercredi l'«Aargauer Zeitung».

Jusqu'ici, ce problème ne touchait que les gares souterraines ou les métros d'autres pays, à l'image de l'Allemagne. En 2018, l'organisation indépendante Dekra, qui contrôle la sécurité sur les lieux de travail, a mesuré la pollution dans plusieurs stations de métro de Stuttgart.

Lorsque les trains ralentissent en gare

Elle y a découvert une concentration en particules fines de 120 microgrammes (?g) par m3 d'air. Soit deux fois plus que ce que la norme allemande autorise. Et ce taux est 5 fois plus élevé que ce qui a été mesuré au pire nœud routier de la ville (25 ?g/m3).

Des mesures similaires dans toute l'Europe arrivent à la même conclusion: l'air des métros et des gares souterraines est extrêmement chargé en particules fines. Ces poussières sont produites essentiellement quand les trains ralentissent à leur arrivée. Du coup, si les gares ne sont pas suffisamment ventilées, l'air pollué n'arrive pas à s'échapper et les particules s'accumulent. Hic: celles-ci contiennent de grosses quantités de poussières métalliques particulièrement nocives pour la santé.

Zurich très polluée

L'«Aargauer Zeitung» s'est intéressé de près à la plus grande gare du pays, celle de Zurich, qui comporte une grande partie souterraine. Les CFF n'ont pas voulu lui communiquer l'intégralité d'une étude réalisée à l'interne sur sa pollution. Mais les quelques chiffres annoncés révèlent que le taux de particules fines y est considérable.

Les experts ont mesuré dans les souterrains des concentrations de 111 ?g/m3, soit deux fois plus que la valeur journalière autorisée par la Confédération dans son ordonnance sur la protection de l'air. C'est même six fois plus que la valeur moyenne annuelle maximale. A titre de comparaison : les stations de mesure du centre-ville de Zurich ont enregistré une moyenne de 20 ?g/m3 .

Des freins plus doux

Les CFF sont conscients du problème, note le journal. Raison pour laquelle des freins plus doux ont été posés sur les trains, et que le tabac y est interdit depuis 2004. Mais ils affirment que la pollution ne présente aucun risque pour la santé. Ils comparent en effet la qualité de l'air des gares aux normes sur les poussières fines autorisées sur les lieux de travail, des normes qui sont 300 fois plus élevées que la valeur-limite fédérale de pollution atmosphérique. Et selon eux, les valeurs mesurées à Zurich sont 100 fois inférieures aux limites admises.

Si les pendulaires ne risquent à priori pas grand-chose vu le peu de temps qu'ils passent dans les zones polluées, la question est nettement moins tranchée en ce qui concerne les gens qui travaillent toute la journée sur place, notamment dans les petites boutiques des souterrains. D'autant que les valeurs limites autorisées sur les lieux de travail ne concernent que les poussières non nocives pour la santé. Or, les particules émises par les trains contiennent des poussières toxiques, comme de l'oxyde de fer qui peut endommager les poumons.

Selon l'«Aargauer Zeitung», le problème pourrait être résolu grâce à des systèmes testés dans le métro de Stuttgart. Ils permettent de filtrer 80% des particules fines dans un environnement fermé.

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