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EnergieGazprom plombé par la crise ukrainienne et le rouble

La situation financière du géant gazier russe Gazprom s'est dégradée en 2014, son bénéfice net étant divisé par sept.

Gazprom subit de plein fouet la crise en Ukraine et la chute du rouble.

Gazprom subit de plein fouet la crise en Ukraine et la chute du rouble.

Archives/photo d'illustration, Keystone

La crise ukrainienne et la chute du rouble ont lourdement plombé la situation financière du géant gazier russe Gazprom en 2014, son bénéfice net étant divisé par sept, selon ses résultats annuels publiés ce mercredi 29 avril.

Gazprom a expliqué cet effondrement par deux principaux facteurs. La chute du rouble, en renchérissant la valeur de ses emprunts en devises étrangères, a alourdi de 925 milliards de roubles (16 milliards d'euros) sa perte liée aux effets de changes par rapport à 2013.

Le groupe public a par ailleurs passé une charge comptable de 34 milliards de roubles (600 millions d'euros) en raison de son conflit avec l'opérateur gazier ukrainien Naftogaz.

La Russie avait augmenté le prix du gaz vendu à l'Ukraine après l'arrivée au pouvoir de pro-occidentaux à Kiev début 2014. Face au refus des Ukrainiens de régler ses dettes gazières, Gazprom a fini par interrompre en juin ses livraisons, qui n'ont repris qu'en fin d'année après la signature d'un accord provisoire.

Visé par une enquête

La période est difficile pour Gazprom qui va devoir faire face en 2015 à une baisse significative du prix du gaz à l'exportation, indexé de manière décalée sur ceux du pétrole qui se sont effondrés l'an dernier.

Le groupe est également visé par une enquête de la Commission européenne, qui l'accuse d'abus de position dominante et lui a présenté officiellement ses griefs en avril.

Alors que les relations avec Bruxelles sont au plus bas en raison de la crise ukrainienne, l'Union européenne cherche par ailleurs à diversifier ses approvisionnements en gaz et Moscou a décidé d'annuler brutalement son projet de gazoduc South Stream vers l'Europe pour le remplacer par un gazoduc vers la Turquie.

Ses livraisons à la Chine ne doivent commencer qu'en 2018 et il peine actuellement à signer un nouveau contrat avec Pékin pour un deuxième gazoduc complétant celui actuellement en construction.

(AFP)

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