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Côte d'IvoireGbagbo: «Toute ma vie, j'ai lutté pour la démocratie»

L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo a tenté jeudi de convaincre la CPI de ne pas le poursuivre pour crimes contre l'humanité.

Laurent Gbagbo, 67 ans, est soupçonné d'avoir fomenté un «plan» impliquant notamment la commission de meurtres et de viols afin de rester au pouvoir après l'élection de son rival Alassane Ouattara en 2010.

Laurent Gbagbo, 67 ans, est soupçonné d'avoir fomenté un «plan» impliquant notamment la commission de meurtres et de viols afin de rester au pouvoir après l'élection de son rival Alassane Ouattara en 2010.

AFP

Laurent Gbagbo s'est présenté comme un homme de paix et un démocrate juste avant que les juges ne se retirent pour décider si un procès doit être mené contre lui.

«Toute ma vie, j'ai lutté pour la démocratie», a assuré Laurent Gbagbo lors d'une audience publique à La Haye, où siège la Cour pénale internationale (CPI). Il a régulièrement regardé en direction de ses partisans installés dans la galerie du public, séparée de la salle d'audience par une vitre insonorisante.

Vêtu d'un costume noir, d'une chemise blanche et d'une cravate bleue à pois blancs, l'ancien président a ajouté, s'exprimant pour la première fois en public depuis sa comparution initiale en décembre 2011: «je n'ai jamais cru que la Côte d'Ivoire allait s'en sortir par la guerre. Je n'ai jamais cru ça. J'ai toujours cru qu'on s'en sortirait par la discussion».

Laurent Gbagbo, 67 ans, est soupçonné d'avoir fomenté un «plan» impliquant notamment la commission de meurtres et de viols afin de rester au pouvoir après l'élection de son rival Alassane Ouattara en 2010, certifiée par l'ONU.

Premier ex-chef d'Etat remis à la CPI, Laurent Gbagbo est soupçonné d'être «co-auteur indirect» de quatre chefs de crimes contre l'humanité commis pendant les violences post-électorales. Ce refus de quitter son poste après dix ans au pouvoir avait plongé la Côte d'Ivoire dans une violente crise de quatre mois qui a coûté la vie à près de 3000 personnes.

Décision pas avant mai

«Je ne gouverne pas avec ma famille», a-t-il également assuré, répondant aux accusations de népotisme dont il a fait l'objet. «J'étais président, chef de l'Etat et ma femme était députée», a-t-il affirmé, faisant référence à son épouse Simone, également sous le coup d'un mandat d'arrêt de la CPI mais toujours détenue en Côte d'Ivoire.

L'audience de confirmation des charges, qui avait débuté le 19 février et s'est achevée jeudi, doit permettre aux juges de déterminer si les éléments de preuves rassemblés par l'accusation sont suffisamment solides pour permettre la tenue d'un procès contre M. Gbagbo. Une décision n'est pas attendue avant mai.

Selon l'accusation, les attaques commises par des forces pro-Gbagbo entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011 «revêtaient un caractère généralisé et systématique» et étaient dirigées «contre des communautés ethniques ou religieuses spécifiques».

(ats/afp)

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